• Le "sans gluten" : une simple question de mode ?

     

    Le "sans gluten" : une simple question de mode ?

     

     

     

    La « mode » du sans gluten s’est généralisée ces dernières années. Un signe qui ne trompe pas, c’est la multiplication des rayons ainsi estampillés dans les magasins, l’industrie de l’agro-alimentaire s’étant bien évidemment engouffrée dans cette brèche.

    Quelques rappels :

    Pour simplifier à l’extrême, on peut dire, même si c’est scientifiquement un abus de langage, que le gluten est une protéine du blé (mais on le trouve également dans l’orge, le seigle, l’avoine par exemple).

    D’un point de vue strictement nutritionnel, le gluten ne sert absolument à rien. Autant on peut manquer de toute sorte de nutriments (vitamines, minéraux, omégas-3, etc.), autant on ne peut pas manquer de gluten.

    Celui-ci ne présente un intérêt qu’au niveau gustatif et qualitatif des aliments. Il est ce qui leur donne le moelleux, l’élasticité, comme pour le pain. Il aide les pâtes à lever et à conserver leur forme (c’est ce qui fait qu’un pain sans gluten est beaucoup plus compact qu’un pain « normal », qu’on ne peut lui donner n'importe quel aspect).

    Si le gluten n’a aucune utilité pour l’organisme, il peut provoquer par contre pas mal d’inconvénients. Ce n’est pas par hasard que l’origine de son nom est « glu ». Il produit en effet une sorte de colle dans nos intestins, et peut engendrer des désagréments, voire des maladies : troubles digestifs graves, lésions dans l’intestin grêle, ou mauvaise assimilation du fer, de la vitamine B ce qui entraîne des carences. On évoque aussi son rôle dans la fatigue, certaines pathologies inflammatoires, ou des troubles psychiques comme la dépression.

     

    Alors aujourd’hui, qui mange sans gluten ?

    — Certaines personnes, atteintes de la maladie dite « cœliaque », n’ont pas le choix : elles sont totalement intolérantes au gluten et ne peuvent pas en manger au risque de se mettre en danger.  

    — Il y a ensuite tous ceux qui souffrent d’une allergie voire d’une simple « sensibilité » : dans ces cas, la suppression du gluten entraîne le plus souvent une amélioration de l’état général.

    — Enfin, un nombre croissant d’individus font le choix de manger sans gluten alors qu’apparemment, il n’y a pas de raison objective à cette éviction.

     

    Je mange pour ma part sans gluten depuis plusieurs années. Au départ, j’ai arrêté parce que j’avais un problème de santé qui pouvait, selon mes informations, provenir d’une intolérance.

    En réalité, mon souci n’avait rien à voir avec le gluten, comme je l’ai découvert un peu plus tard. Il n’empêche qu’à partir du moment où je n’en ai plus consommé, je suis allée globalement bien mieux. Quelle était la part de l’absence de gluten dans cette amélioration ? Car par la même occasion, j’avais aussi quasiment cessé de manger des produits laitiers animaux, des produits industriels, fait le choix du bio. Il est probable que c’est l’ensemble de ces éléments qui m'a permis d'être en meilleure forme. .

    Alors évidemment, puisque j’allais mieux, que j’avais découvert par la même occasion une nouvelle façon de cuisiner (et des saveurs inédites), je n’avais pas de raison de revenir en arrière.

     

    Je sais bien qu’un tel choix peut prêter à sourire. Les détracteurs de cette « mode » reprennent d’ailleurs souvent le même argument : l’homme mange du pain (c’est-à-dire du blé, donc du gluten) depuis 10 000 ans environ (début de l’agriculture et de l’élevage), et c’est seulement depuis quelques années qu’on a l’air de découvrir que ce ne serait pas bon pour nous.

    Mais il s’agit là d’un faux argument.

     

    — En effet, le blé que l’on consomme aujourd’hui n’a rien à voir avec celui produit jusqu’au 19ième  siècle environ.

    Car certes, le blé a toujours contenu du gluten. Seulement, à partir du début du 20ième siècle, pour flatter le goût des consommateurs, on s’est mis à croiser les plants afin qu’ils contiennent de plus en plus de gluten. Il s’agissait de fournir la farine qui offrirait un pain (mais aussi des gâteaux par exemple, ou des biscuits) le plus moelleux possible, des pâtes très élastiques, qui se travaillent facilement et fermentent rapidement.

    C’est-à-dire que le blé que nous consommons aujourd’hui est d’une certaine manière un blé génétiquement modifié. On nous parle souvent des OGM, qui sont interdits en France pour la consommation humaine (autorisés cependant pour les animaux que nous mangeons ensuite !), mais on ne nous dit rien sur le blé qui est pourtant une des bases de notre alimentation.

    Et tout cela pour des questions purement mercantiles (nous faire consommer davantage de ces nourritures rendues artificiellement agréables à notre palais).

     

    — Par ailleurs, le gluten (sous une forme ou une autre) est rajouté dans tout, ce dont on se rend compte si on prend la peine de lire les étiquettes des aliments transformés que l’on achète. C’est un puissant liant, qui ne coûte pas cher, alors les industriels l’utilisent à tour de bras.

    Donc, à l’argument consistant à dire que l’on mange du blé depuis 10 000 ans et que jusque-là, tout le monde s’en portait très bien jusqu’à ce que quelques illuminés décrètent une mode du sans gluten, je répondrai seulement ceci : n’est-ce pas parce que le blé est de facto génétiquement modifié et qu’on emploie massivement le gluten qu’il y a beaucoup plus de gens désormais à y être sensibles ? Être plus ou moins intolérant serait juste une réaction normale de nos organismes.

     

    — Je précise par ailleurs un dernier point. Tout le monde sait-il d’où provient ce gluten dont l’industrie agro-alimentaire use à profusion ? Il est tout simplement le résultat d’un procédé comme cette industrie en a le secret, que l’on appelle « cracking ». Le cracking, c’est ça : on prend un grain de blé et on le fragmente. On obtient alors différents composants : germes de blé, son, fibres, sirop de glucose, amidon… et gluten. Chacun de ces composants est vendu séparément, et ils sont rajoutés ensuite dans les produits transformés ou les plats tout prêts. (On fait d’ailleurs de même avec la pomme de terre, le maïs ou le lait, par exemple). Et tous ces additifs servent au choix d’émulsifiants, d’épaississants, de liants…

     

    Alors oui, il y a peut-être une mode du sans gluten, je ne le nie pas. Mais pour ma part, pour toutes les raisons que j’ai indiquées (modification génétique des plants de blé, procédé de « cracking », utilisation massive par l’industrie agro-alimentaire), quand bien même je n’aurais pas constaté une amélioration de ma santé… je continuerais à manger sans gluten.

     

     

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 3 Mai à 17:03
    il est possible aussi, que nos organismes se fragilisent, avec tout ce qu' on rajoute comme colorants et autres conservateurs !
    Il me semble qu' il y a quelques décennies , le gluten ne posait pas problème, et va savoir si de nos jours on en rajoutait pas pour faire du poids !
    Passe une bonne soirée
    Bises
      • Vendredi 3 Mai à 17:09

        Bonjour,

        Tu as certainement raison, on est probablement sensibilisés par un excès d'additifs, j'aurais dû penser à le mentionner.

        Quand au poids que l'on rajoute, là aussi tu dois être dans le vrai. J'ai prévu d'écrire (un jour, quand j'aurai du temps) un article montrant qu'on nous vend de l'eau... au prix de la viande ou du poisson ! L'industrie agro-alimentaire (qui est une de mes bêtes noires) ne manque pas d'imagination !

        Le blé pose moins de problème quand on achète des pains traditionnels à base de levain, mais je préfère éviter quand même.

        Bonne soirée à toi aussi.

        Bises. 

    2
    Samedi 4 Mai à 17:37

    Me voilà enfin un peu tranquille pour venir répondre à ton article !

    Le gluten rajouté dans énormément de produits est une véritable calamité.

    Autant essayer de l'éviter tant faire se peut.

    Nous sommes tous de plus en plus fragilisés par toutes ces merdes oops que nous mangeons.

    Certains organismes s'y sont habitués et les supportent, d'autres non.

    A force de nous protéger de tout afin de ne pas attraper de "saloperies" (Ex : les antibiotiques.) nous sommes fragilisés et notre système immunitaire est devenu fainéant puisqu'on ne le sollicite plus !

    Mais, aux tous débuts, il n'y avait même pas de pain : les hommes ne mangeaient que ce qu'ils trouvaient dans la nature.

    Et souvent de la viande, mais naturelle.

    On pourrait discuter pendant des heures sur ce sujet ...

    Je te souhaite un bon week end, avec des bisoux sans gluten, mon amie ♥

      • Dimanche 5 Mai à 14:39

        Coucou Dom,

        Je pense que ce n'est sans doute pas le gluten en tant que tel qui est en cause, ce sont les quantités importantes auxquelles nos organismes sont confrontés depuis un peu plus d'un siècle. Comment aurait-on pu s'adapter en aussi peu de temps ? 

        Ce qui me gêne aussi, c'est que le gluten est devenu quelque chose de mercantile. On le rajoute uniquement pour faire consommer davantage. 

        Le pain est arrivé avec l'agriculture (et l'élevage), soit il y a environ 10 000 ans. Avant, l'homme était un chasseur-cueilleur, donc un omnivore "opportuniste" (il mangeait ce qu'il trouvait).

        De la viande, certes, mais pas aussi souvent qu'on ne le pense. La viande, c était quand on avait abattu un animal... et ça ne devait pas arriver tous les jours ! C'est vrai qu'un mammouth, ça devait durer quelque temps quand même... yes

        Bonne journée.

        Bises.

    3
    Samedi 4 Mai à 18:58

    Je suis assez d'accord avec les arguments de Dom, Erzsie. En ce qui me concerne je vais toujours chez mon boulanger acheter mon pain et j'essaye, je dis bien j'essaye de me nourrir du mieux possible, mais le pouvons nous vraiment? Gros bisous et doux week-end

      • Dimanche 5 Mai à 14:42

        Bonjour Nell,

        Moi aussi j'essaie de me nourrir le mieux possible, mais malgré toutes mes précautions, je suis certaine que c'est loin d'être parfait, malheureusement. On est constamment piégés, notamment par l'industrie agro-alimentaire qui fait vraiment n'importe quoi.

        C'est pourquoi je crois aux préparations les plus simples possibles, avec uniquement des produits de base de bonne qualité. 

        Je ne mange pas de pain pour ma part, mais si je le faisais, j'essaierai de trouver un boulanger qui utilise de très bonnes farines, et je privilégierais le pain au levain.

        Bonne journée (vent par chez nous).

        Bises. 

    4
    Lundi 6 Mai à 06:52

    Bonjour mon amie ♥

    " Bon début de semaine.
    Absente demain : j'accompagne thierry pour un examen cardiaque de 5 heures ...
    A mercredi !
    Gros bisoux givrés. "

    5
    Lundi 6 Mai à 16:13

    on essaie de bien se nourrir mais on ne connait pas toujours la composition des produits, et on se demande pourquoi nous avons des allergies - deux jours au mobil, car Mr avait samedi un tournoi pétanque toute la journée, du repos OK mais coté soleil je dirais ZERO - je te souhaite une bonne semaine - bises Mamy Annick

      • Mercredi 8 Mai à 09:01

        Bonjour Annick,

        Je fais comme toi, j'essaie de faire "au mieux", mais ce n'est pas simple. 

        Bises. 

    6
    Mardi 7 Mai à 15:34

    Je n'ai guère l'intention de vivre centenaire alors je te réponds simplement sur le ton de la dérision : << Quelle glu, ce gluten ! >> mais qu'importe si mon organisme en absorbe puisqu'il m'est impossible de tout fabriquer.

    Bonne fin de journée ! 

      • Mercredi 8 Mai à 09:04

        La question n'est pas tellement de vivre centenaire, mais de vivre le mieux possible en essayant d'éviter certains problèmes de santé liés à une industrialisation de notre alimentation.

        Le mot "gluten" vient effectivement de "glu", c'est une sorte de colle, en fait. D'ailleurs, certaines personnes qui veulent faire leurs chewing-gums eux-mêmes utilisent du gluten pur ! 

        Bonne journée. 

    7
    Mercredi 8 Mai à 09:39

    Re : Je pense que les liants utilisés dans l'industrie alimentaire et fabriqués à base d'huile de palme sont certainement plus nocifs que le gluten. Quant à dire que le blé à l'ancienne contenait moins de gluten c'est encore à voir. Je me rappelle enfant, qu'avec mes camarades, nous mâchions plusieurs grains de blé en guise de chewing-gum sans pourtant n'avoir jamais mâché ce produit américain.

    Bonne journée !

    8
    Mercredi 8 Mai à 09:47

    Bonjour Guyenne,

    Bien sûr que l'huile de palme est mauvaise, et là aussi, comme elle est peu chère, on en rajoute dans tout. Mauvaise pour la santé, et mauvaise pour la planète (on détruit des forêts pour planter des "palmistes"). 

    Pour le blé, je parle de celui jusqu'au 19e siècle. À partir du début du 20e, c'est là qu'on s'est mis à croiser les plants.

    Bon 8 mai. 

    9
    Mercredi 8 Mai à 10:12

    Re : Entre croiser les plans et transformer les graines chimiquement il y a une marge. Pour avoir du bon pain comme celui que je mangeais enfant, il fallait disposer d'un bon blé donnant de la bonne farine. 

    Quand les paysans du cru sèment des grains sur la chaussée quand ils vont semer, ceux-ci sont roses. Inutile de se demander quelles saloperies contiennent ces semences sans parler de ce qu'elles reçoivent ensuite pour se développer. Produits de la terre et médicaments contiennent des poisons et, à part celui qui a les moyens de tout produire sainement, nous en consommons tous et la lecture des composants au moment de l'achat n'y change rien si ce n'est éliminer qu'un composant comme l'huile de palme par exemple. Et encore car, l'indication "graisses végétales" sans autre précision, cache l'utilisation d'huile de palme. 

    En conséquence, quoi que je fasse, j'avalerai toujours des poisons bien plus nocifs que le gluten.

    A plus !

    10
    Vendredi 10 Mai à 07:27

    " Bonne fin de semaine, avec de gros bisoux, mon amie ♥. "

    11
    Lundi 13 Mai à 07:26

    " Bon début de semaine.
    Toujours en C/C car mon ostéopathe de beau-frère m'a fait une manipulation du dos et je suis interdite de chaise pendant 2 jours ...
    J'espère que le soleil sera là car il fait du bien, même si je ne peux pas jardiner !
    Gros bisoux. "

    12
    Lundi 13 Mai à 14:50

    Tu oublies la publicité : "" Buvez, éliminez ! "" (sourire).  Ma moitié me bassine avec cela disant que je ruine ma santé en ne buvant pas. Je ne bois que quand mon corps réclame. Est-ce ma faute si celui-ci n'a pas besoin de beaucoup d'eau se contentant de celle que contiennent les produits laitiers, les fruits et les légumes ? Quant à éliminer, j'élimine certainement plus que madame car, contrairement à elle, je prends de temps en temps des suées ne serait-ce que lorsque je vais marcher. Les toxines que mon corps reçoit ressortent donc par les pores de l'épiderme.

    Bonne fin de journée !

      • Lundi 13 Mai à 16:15

        Je pense que tu as raison de ne boire que quand tu as soif. De même qu'en théorie, on ne devrait manger que quand on a faim. L'idée de boire un litre et demi par jour est un truc des sociétés produisant les eaux minérales pour nous faire consommer davantage.

        Notre corps est bien fait, il sait ce dont on a besoin. Avec une nourriture équilibrée, des fruits, des légumes, on a largement l'apport hydrique nécessaire. Je ne bois quasiment jamais d'eau pour ma part, sauf si je suis déshydratée, mais j'adore par contre les thés de toute sorte. Mais comme toi, quand j'ai soif seulement.

        Bonne fin de journée. 

    13
    Lundi 13 Mai à 17:26

    Voilà enfin un sujet sur lequel nous sommes en accord (sourire). 

    A plus tard !

    14
    Mardi 14 Mai à 09:21

    coucou merci pour tes passages - ce matin soleil magnifique chez nous mais pas assez chaud pour se mettre en maillot de bians ... je continue mon ménage comme une petite vieille - bisous Mamy Annick

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