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    Le broyé du Poitou

     

     

    En ce 31 décembre, voici une recette une peu particulière puisqu'elle va en théorie contre tous mes principes : elle contient en effet à la fois du gluten et du lactose.

     

    Alors pourquoi est-ce que je la donne quand même ? Pour plusieurs raisons :

    — Tout d'abord, je l'ai promise à une amie de blog.

    — Ensuite, je me dis qu'en certaines circonstances (et la période des fêtes en est une), il ne faut pas se montrer trop intransigeant.

    — Elle m'a par ailleurs été transmise par quelqu'un que j'aime beaucoup et ça, c'est essentiel. La nourriture contient une forte charge affective, on ne peut pas toujours la résumer à un ensemble de nutriments. 

    — Et enfin, tout simplement, elle est délicieuse...

     

    Ingrédients : 

     

    — 500 grammes de farine

    — 250 grammes de beurre demi-sel

    — 250 grammes de sucre de canne en poudre

    — 1 sachet de sucre vanillé

    — 3 œufs

    — 1 cuillère à soupe de lait

    — Éventuellement, un pot de marmelade d'orange

     

    Réalisation :

     

    — Dans un saladier, bien mélanger à la main la farine, le beurre légèrement ramolli et deux jaunes d'œufs.

    — Rajouter ensuite le sucre et le sucre vanillé, continuer à malaxer et faire une boule de pâte.

    — Laisser reposer environ une heure.

    — Préchauffer le four thermostat 7 (210 °).

    — Étaler la pâte au rouleau sur du papier sulfurisé et la déposer dans un moule rond d'environ 30 centimètres de diamètre.

    — Avec un dos de fourchette, dessiner un quadrillage. Piquer la pâte de loin en loin.

    — À l'aide d'un pinceau, badigeonner la pâte avec un jaune d'œuf mélangé à la cuillère à coupe de lait.

    — Mettre au four environ 25 minutes (je commence en général à vérifier la cuisson au bout de 20 minutes, éventuellement, j'éteins le four et laisse encore cinq minutes supplémentaires).

     

     

     

    — Découper en portions rectangulaires à la sortie du four.

    — Laisser refroidir.

     

    Il est possible, quand la boule de pâte est prête, de la séparer en deux, et après l'avoir laissée reposer, d'étaler deux cercles de pâte. Dans ce cas, on met le premier dans le moule, on couvre de marmelade d'orange par exemple (je compte essayer un jour aussi à la confiture de figues), on rajoute ensuite par-dessus le second cercle de pâte. Ensuite, on procède de la même manière que pour la recette nature.

     

    Pour le soir de Noël, comme j'étais chargée des desserts, j'avais fait (entre autres) deux variétés de broyé : un nature, et donc un à la marmelade d'orange.

    Personne ne connaissait (moi non plus avant qu'on ne me donne la recette), et tout le monde s'est régalé !

    Alors, je ne dis pas qu'un jour je n'essaierai pas une version sans gluten et sans lactose. Mais pour le moment, je m'en tiens à la préparation originale et franchement, c'est un délice.

     

    Bon bout d'an et bon réveillon à ceux qui en font un. 

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     Résultat de recherche d'images pour "tables de noel"

                                                                                                                                                 Photo d'internet

     

     

    En bonne orthorexique qui se respecte, pendant cette période des fêtes, je ne m’interroge pas trop sur ce que je vais bien pouvoir manger.

    Non, mon problème, c’est plutôt ce que je ne vais pas manger. Parce que ce n’est pas bon pour la santé, parce que ce n’est pas bon pour la planète…

    D’une année sur l’autre, ce sont toujours un peu les mêmes choses.

     

    — Le foie gras

    Il est présenté comme un incontournable des fêtes. À part un effet de mode ou une tradition, je n’ai jamais trop compris pourquoi. Cela étant, même bien avant de surveiller mon alimentation, je n’aimais pas vraiment.

    Pourquoi est-ce que je ne mange pas de foie gras ? Pour plein de raisons.

    Tout d’abord, par définition, un foie gras est un foie malade. Chez l’humain aussi il existe une maladie dite « du foie gras ». Ses causes peuvent être génétiques, mais le plus souvent, c’est le surpoids et une trop grosse consommation de sucres qui la provoquent. Ce n’est pas par hasard si on l’appelle aussi « maladie du soda » ! Et justement, on gave les oies ou les canards avec des glucides.

    C’est une maladie grave, qui peut évoluer en forme mortelle au même titre qu’une cirrhose (même sans avoir jamais consommé une goutte d’alcool).

    Et indépendamment de ce problème (qui  est à mon sens quand même majeur : comment manger un organe malade peut-il être bon pour la santé ?), il faut naturellement considérer la brutalité avec laquelle on gave les volailles : certaines sont blessées gravement voire meurent.

    Alors non, je ne veux pas manger un tel aliment.

     

    — Le chapon, la dinde

    La dinde ou le chapon sont là aussi un mets traditionnel des fêtes (disons qu’à cette période, c’est la fête pour beaucoup, mais pas pour les volailles). Tout le monde sait que le chapon est un animal castré (à vif), comme le mouton ou le bœuf. Le chapon est par ailleurs enfermé pas mal de jours dans une cage et dans l’obscurité, ce qui permet d’obtenir sa chair qui fait les délices de certains. J’ai beau savoir que toutes ces pratiques sont courantes, je les trouve barbares.

    Et bien entendu, je reprends mon leitmotiv sur l’élevage, plus gros pourvoyeur de gaz à effet de serre de la planète. Ne parlons pas de la façon dont ces animaux sont parqués dans des conditions trop souvent indignes ; j’ai l’impression que si on voyait RÉELLEMENT ce qui se passe dans les fermes et dans les abattoirs, les végétariens seraient plus nombreux simplement parce que les gens seraient dégoûtés. On me dira que ce ne sont que des bêtes (à titre d’information, plus de 60% des animaux sur la planète sont destinés à la boucherie, ce qui laisse quand même rêveur…), mais mon choix est fait.

    Alors non, je ne veux pas manger un tel aliment.

     

    — Le saumon

    Nature, en croûte, fumé, il est aussi un des incontournable des réveillons. Et en plus, on nous affirme que du fait de sa teneur en omégas-3 (bien réelle), il serait bon pour la santé.

    Mais c’est très discutable. Car le saumon est mauvais à plus d’un titre. D’abord la plupart du temps, c’est un saumon d’élevage, ce dont je me méfie a priori, souvent nourri aux farines et huiles animales qui sont insuffisamment contrôlées. La graisse du saumon notamment (car c’est un poisson gras) contient des traces importantes de PCB, produit dangereux et toxique, polluant longtemps très utilisé dans l’industrie. Certes, les PCB ont été interdits en France depuis 1987, mais leur durée de vie est très longue (jusqu’à plusieurs centaines d’années), et on les trouve encore largement dans l’environnement et la chair des animaux.

    Le saumon sauvage est infiniment plus cher. Et par ailleurs, comme tous les grands poissons carnivores, il est en bout de chaîne alimentaire (il se nourrit des plus petits).

    Or on sait tous comme les mers et les rivières sont polluées : les petits poissons absorbent donc de cette pollution… un peu du fait de leur taille. Mais les grands poissons, qui mangent par définition une grande quantité de petits, sont beaucoup plus contaminés notamment en métaux lourds.

    Alors non, je ne veux pas manger un tel aliment.

    Cela fait d’ailleurs des années que j’ai arrêté de consommer du saumon. L’année dernière, où j’avais eu envie de faire moi-même des blinis, pour les garnir, j’ai choisi de la truite fumée bio. Ce n’est pas parfait, mais c’est moindre mal (et accessoirement, c’est beaucoup moins cher).

     

    Je n’ai parlé ici que de ce qui est pour moi le plus évident, mais la liste pourrait s’allonger à l’infini (en y incluant par exemple les huîtres, le homard ou les desserts, notamment les desserts industriels).

     

    Alors, comment est-ce que je fais pendant cette période ?

    Quand je suis invitée… je dirais que je m’incline. Le travail de la cuisinière ou de la personne qui reçoit se respecte, je ne dis donc rien et je mange ce qu’on me présente (sauf le foie gras et la viande, mais dans mon entourage, tout le monde sait que je suis végétarienne depuis très longtemps, ce qui passe pour une gentille lubie, mais bien acceptée en général).

    Sinon, le saumon, la bûche, les  gâteaux tout prêts… je fais avec, parce que la vie en société impose ce genre de compromissions avec soi-même. Mais une fois l’an, il n’y a pas abus.

    Et si nous sommes seuls ou si c’est nous qui recevons ?

    Eh bien là, ce sont les autres qui s’inclinent. Nos menus de fêtes sont je l’avoue assez peu conventionnels, mais ils sont délicieux quand même.

     

    D’ailleurs, j’ai des idées tout à fait alléchantes pour le 31 décembre !

     

     

     


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    Cake au chocolat et au gingembre

     

     

     Voici une recette que j'ai découverte récemment. Je l'ai modifiée pour qu'elle soit bien sûr sans gluten et sans lactose.

    Si on n'aime pas le gingembre confit (qui a un goût assez fort, c'est vrai), pas de problème, il suffit de le supprimer (j'en mets d'ailleurs moins que c'était indiqué).

    C'est facile à faire, un peu long cependant du fait des nombreux ingrédients.

     

    Ingrédients :

     

    — 4 œufs entiers

    — 110 grammes de sucre de canne

    — 100 grammes de beurre végétal plus une pincée de fleur de sel (c'est pour remplacer le beurre demi-sel de la recette initiale, mais si on n'a pas de problème avec les produits laitiers, on peut utiliser 100 grammes de beurre demi-sel)

    — 80 grammes de farine de riz (ou 50 grammes de farine de riz + 30 grammes de fécule)

    — un sachet de levure sans gluten

    — 50 grammes de poudre d'amande

    — 40 grammes de cacao en poudre non sucré

    — 15 centilitres de lait d'amande

    — le zeste d'un citron bio (ou au minimum non traité)

    — le jus d'un citron

    — 50 grammes de pépites de chocolat noir

    —100 grammes d'écorces de citrons confits en morceaux (on en trouve dans les magasins bio)

    — 50 grammes de gingembre confit à découper en très petits morceaux

    — Pour le glaçage : le jus d'un demi-citron et 80 grammes de sucre glace

     

    Réalisation :

     

    — Préchauffer le four à 180° (thermostat 6).

    — Dans un grand saladier, battre les œufs et rajouter successivement l'ensemble des ingrédients. Bien mélanger.

    — Verser dans un moule à cake préalablement huilé.

    — Mettre au four pendant environ 50 minutes. Commencer à ce moment à vérifier la cuisson avec un couteau. Selon mon expérience, le cœur du gâteau est long à cuire, mais j'ai remarqué que cela varie selon les fois, comme souvent en cuisine. Il m'a déjà fallu une bonne heure. 

    J'ai aussi rencontré un problème que je résous au cas par cas : la préparation est assez liquide, si on met tout quel quel, les morceaux de gingembre et de citron ont tendance à tomber au fond du moule. 

    Il y a plusieurs possibilités pour contourner cette difficulté : soit enfourner cinq minutes au départ avec une température plus élevée (200° ou thermostat 7) le temps de "figer" l'ensemble. Ou alors, mettre seulement la moitié du citron confit et du gingembre, enfourner cinq minutes, sortir le gâteau du four et rajouter au-dessus le reste du citron-gingembre. J'avoue que je tâtonne encore...

     

    Cake au chocolat et au gingembre

     

     

    Quand le gâteau est cuit, pendant qu'il tiédit, réaliser le glaçage en mélangeant le sucre glace et le jus d'un demi-citron. Je me suis rendu compte qu'en le faisant légèrement chauffer puis refroidir, le glaçage est plus homogène et a tendance à épaissir un peu, ce qui est mieux.

     

    Cake au chocolat et au gingembre

    Appliquer le glaçage sur le dessus du cake (comme sur la photo de début d'article).

     

    Le citron et le gingembre amènent un petit côté acidulé à ce gâteau très riche.

    Pour dire la vérité, c'est une vraie bombe calorique ! Mais pas grave... Il suffit d'en prendre de petites parts, et ainsi, il dure plus longtemps !

     

    Attention : Mieux vaut conserver le cake au réfrigérateur, Sinon, le mélange œufs, lait, beurre risque de tourner. Penser à le sortir une heure avant de le consommer. 

     

     


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    J'écris juste ici un petit mot (pour une fois), car je me rends compte que je me suis mal exprimée dans mon article précédent. La communication, c'est terrible, on sait soi-même ce que l'on veut exprimer, ça paraît clair dans sa tête... et en fait, non, on n'a pas été clair du tout !

     

    Je n'ignore pas qu'en traînant sur des sites concernant la santé naturelle, je deviens une cible commerciale pour tout ce qui touche de près ou de loin à ce domaine. 

    C'est comme acheter une paire de chaussures par internet : on risque bien de se faire inonder de propositions émanant de sites de chaussures, jusque-là, rien de nouveau. On sait que c'est une sorte de règle d'internet, désagréable certes, mais connue et facilement contournable.

     

    Pour la santé naturelle, je trouve ça plus pervers en réalité. Parce que les lettres dont j'ai parlé et qui sont de simples arnaques commerciales proviennent des auteurs eux-mêmes qui d'habitude, m'envoient des articles purement informatifs.

     

    C'est la même personne qui m'adresse par exemple un récapitulatif concernant la valériane, ou le danger des statines, et qui ensuite me propose, après tout un tas de circonvolutions, de commander un complément alimentaire qui va révolutionner ma vie, à 100 euros (ou plus) par mois. 

    Ce n'est pas comme si ça m'arrivait d'un labo, ça serait immédiatement repérable. Non, ça vient du site lui-même auquel je suis abonnée. 

     

    Alors quelle est la solution ?

     

    Si je mets l'adresse mail dans mes "indésirables", je ne recevrai plus aucun message, pas même ceux que je souhaite lire ! Je suis donc obligée d'au moins parcourir la lettre pour savoir à quoi j'ai affaire. L'arnaque est par conséquent bien plus subtile 

     

    Or je le répète, on est dans un domaine sensible (celui de le santé), dans un domaine soi-disant "éthique" (celui de la santé naturelle)... et les auteurs se livrent à des manœuvres qui me paraissent pires que celles de la pub pure et dure.

     

    Alors oui, je reste abonnée, mais je reconnais que ça me met en rogne ! 

     

     


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    Je ne mésestime pas (j’en suis même très loin!) tout ce que les chantres de la santé naturelle m’ont appris. Je l’ai dit et redit, je vais beaucoup mieux depuis que je suis quelques règles simples dont j’ai déjà souvent parlé. 

    Tout a commencé il y a quelques années, tandis que je cherchais des informations pour tenter de régler autrement que par du « lourd » des problèmes de santé que nous avions, mon mari et moi.

    En fouinant sur internet, je suis tombée par hasard sur une première lettre de santé naturelle (Pure santé pour ne pas la nommer). Elle était gratuite, je me suis donc inscrite.

    Elle m’a appris beaucoup de choses, c’est indéniable. Puis de lien en lien, elle m’a emmenée vers d’autres sites.

    Aujourd’hui, je suis abonnée à trois de ces lettres, toutes gratuites, mais aussi à un petit mensuel que je reçois par internet et qui me revient un peu moins de 20 euros par an. Ce qui, quand on considère les frais que cela m’a évité, n’est pas si cher que ça.

    Quand je cherche une info, je la cherche en priorité dans ces publications qui sont très régulières (je reçois au moins deux articles de chaque par semaine). Et assez souvent, je trouve sinon des réponses, du moins des débuts de réponse.

     

    Mais… car il y a un « mais » :

    Au fil du temps, je me suis aperçue qu’il y avait différentes sortes d’articles qui arrivaient dans ma messagerie.

    Par exemple, il y en a qui vont m’informer des bienfaits d’une certaine plante ou d’un certain aliment. Dans ce cas je lis la lettre, je me renseigne davantage grâce à des blogs, des sites, et je vois si j’ai envie de tester ou non.

    Mais de plus en plus, ma messagerie est envahie de publications dont la motivation me paraît beaucoup moins avouable.

     

    — Depuis mes abonnements, je ne compte plus le nombre de fois où on m’a proposé des livres qui allaient révolutionner ma vie. Ils étaient gratuits, certes… je devais simplement m’abonner à un nouveau mensuel (encore 20 euros par an). Si je l’avais fait, j’en serais à 6 ou 7 mensuels que de toute façon, je n’aurais pas le temps de lire !

    — Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a proposé des stages à des prix très intéressants : pour apprendre à jeûner, pour apprendre le ji gong, pour apprendre à méditer… au minimum 100 euros à chaque fois et parfois beaucoup plus (jusqu’à 400 ou 800 euros).

    — Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a proposé de participer à des congrès sur la santé naturelle à des tarifs très attractifs (90 euros l’entrée au lieu de 120) ou à des séminaires en ligne, ou à des formations.

    Et surtout, je ne compte plus le nombre de fois où on m’a proposé des produits miraculeux à des prix défiant toute concurrence.

     

    En général, cela se passe ainsi.

    Je reçois une lettre extrêmement longue (disons dix fois plus que les classiques, plus longue même que mes propres articles, c’est dire !). Si je voulais la lire dans son intégralité, j’en aurais pour au minimum une heure.

    Cela commence toujours de la même façon :

    Ne voudriez-vous pas connaître une méthode (ou un produit) qui vous permettrait d’éviter la dégénérescence des articulations, des artères, les maladies cardio-vasculaires, le cancer, Alzheimer ? Qui vous permettrait d’éviter le vieillissement, les rides ?

    Qui ne rêve de connaître une telle méthode, ou un tel produit ?

    Alors les premières fois, on lit.

    On lit d’abord des données scientifiques probablement exactes mais tellement complexes que très vite, on est perdu. On retient seulement qu’il y a une solution miracle et on attend de savoir laquelle.

    Ensuite, les témoignages se multiplient : Untel souffrait horriblement. Tel autre était condamné. Un troisième avait consulté tous les médecins qui n’avaient aucune solution. Et tous ont eu la solution : ils sont désormais beaux, heureux, riches, en bonne santé, courent le marathon et envisagent l’ascension de l’Everest. (Là, c'est moi qui extrapole un peu !)

    Alors évidemment, on avance dans la lettre qui devient de plus en plus embrouillée, où on passe d’une idée à l’autre, d’un témoignage à l’autre dans une sorte de tourbillon.

    Et pour déboucher sur quoi ? La fin de la lettre nous l’apprend ENFIN ! Un labo de santé naturelle a mis au point un produit fantastique qui est proposé à un prix très avantageux : mettons 120 euros par mois.

    Mais il y a toutes les garanties de paiement. Mais il n’y en aura pas pour tout le monde, il faut se dépêcher. Mais si on ne le commande pas immédiatement, on ne peut pas garantir qu’on pourra continuer à l’obtenir pour si peu cher.

     

    J’avoue qu’au début, j’ai cliqué sur les liens de ces laboratoires. Je ne dis pas que ces derniers ne sont pas sérieux, je ne dis pas que leurs produits ne sont pas bons, je ne le sais pas, je ne suis jamais allée plus loin que regarder.

    Je dis simplement que si j’avais commandé toutes ces gélules, j’en aurais eu pour plusieurs centaines d’euros. Et qu’on ne peut pas prendre tous les compléments alimentaires qui existent. Et que ce serait même probablement mauvais.

    Très vite, ces procédés m’ont mise mal à l’aise. Parce que, que l’on cherche à me fourguer des statines ou un complément alimentaire souvent hors de prix malgré ce qui est affirmé, ça relève pour moi de la même démarche : me faire dépenser de l’argent.

    Alors à chaque fois, il est bien précisé par l’auteur de l’article que bien sûr, il ne cite le labo en question que parce qu’il est sûr de lui, mais qu’il ne touche aucun argent, qu’on ne lui reverse rien.

    Alors là, j’ai peut-être l’esprit mal tourné, mais j’ai un doute.

    Pourquoi quelqu’un se donnerait-il la peine d’écrire un article si long que malgré tout, ça a dû lui prendre pas mal de temps, s’il n’en retirait aucun bénéfice ? Comment est-il possible de croire qu’il ne profite d'aucune commission ? À quoi bon dans ce cas citer le nom du labo, mettre un lien envoyant directement sur le site du labo avec un bon de commande sur lequel il n’y a plus qu’à cliquer ?

     

    Je trouve ces procédés hasardeux, à la limite de la malhonnêteté. Surtout que souvent, ça ne s’arrête pas là, et la technique commerciale devient carrément agressive.

    N’ayant bien sûr rien commandé, je reçois de nouveaux mails :

    — Attention, nous avons reçu tant de demandes que nous ne pourrons bientôt plus offrir des conditions aussi intéressantes.

    — Attention, il ne vous reste que 12 heures pour commander votre cure.

    — Erzsie, êtes-vous sûre que vous ne voulez pas découvrir la méthode qui vous permettra de rester éternellement jeune et en bonne santé ? Êtes-vous sûre que vous ne voulez pas savoir comment éviter Alzheimer ? (Là, c’est carrément ignoble.)

    — Vous avez peut-être oublié l’offre que je vous ai faite : je vous la rappelle (et là, à nouveau le lien).

     

    Alors, on me dira que puisque les médecins se goinfrent sur notre dos, pourquoi les tenants de la santé naturelle ne le feraient-ils pas également ? Eux aussi ont le droit de vivre…

    Eh bien justement… parce que ce sont les défenseurs de la santé naturelle. Que pour moi, cela correspond à une certaine éthique, à une certaine exigence.

    Parce que ce sont les mêmes qui dans certaines de leurs lettres (non commerciales cette fois, et souvent très intéressantes), fustigent notre société d’hyper-consommation et prônent un retour à des valeurs simples.

    Parce que cela concerne la santé, que les gens qui se sont tournés vers des méthodes naturelles l’ont fait souvent parce que la médecine conventionnelle n’avait rien pu pour eux… et qu’ils sont en droit de ne pas être floués une fois de plus.

    Parce que ces lettres jouent sur nos peurs (attention, telle maladie vous guette) et l’espoir vain qu’il existerait une solution simple à tous nos maux (un aliment que tout le monde a dans sa cuisine, une vitamine en vente dans chaque pharmacie... mais indiquez-nous votre numéro de carte bancaire pour qu'on vous révèle de quoi il s'agit). On vend du rêve, de l’illusion à des gens parfois désespérés et donc vulnérables.

     

    Bref, leurs méthodes sont les mêmes que celles qu’ils dénoncent à longueur de temps. Et elles sont même dangereuses.

    Car bien sûr, tout le monde voudrait connaître LE produit grâce auquel on ne sera plus jamais malade. 

    Or naturellement, un tel produit n’existe pas. Sinon, il aurait un tel succès qu’il ne serait pas vendu confidentiellement, mais par d’énormes labos qui verraient là une source inépuisable de profit.

    Alors oui, ce type de méthode dans le domaine de la santé naturelle me déçoit. Désormais, je suis capable d’identifier ces lettres commerciales (mais qui débutent comme une lettre de simple information, arnaque supplémentaire) et je les efface presque tout de suite.

    En conclusion, pourquoi est-ce que je ne me désabonne pas ?

    Parce que malgré tout, ce sont ces lettres qui m’ont énormément appris, qui m’ont mise sur une voie que je ne regrette absolument pas. Quasiment toutes m’ont enseigné quelque chose et je suis donc reconnaissante (et plus que ça encore) à la santé naturelle. Reconnaissante et cependant… prudente !

     

    Car voilà, dans le monde dans lequel nous vivons, même ceux qui se présentent comme « purs » ne le sont pas toujours…

     

     


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