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    Ma mère est donc atteinte d'une démence. (Un ami psychiatre qui l'a vue m'a expliqué qu'on appelle ça une "démence mixte" : à savoir des symptômes d'Alzheimer sans que ce ne soit cette maladie, laquelle prendrait les gens nettement plus jeunes, et une sclérose de minuscules vaisseaux du cerveau, qui n'est plus bien irrigué et dans lequel les connexions ne se font plus.)

    Or il y a quelques années, mon père aussi est décédé d'une démence. 

    Alors forcément, je m'interroge...

     

    À ma connaissance, il n'y a pas dans leurs familles respectives de tels cas. Je n'ai jamais entendu dire que des parents, grands-parents ou autres proches aient perdu la tête, même ceux qui ont vécu très âgés.

    Par ailleurs, mon père et ma mère me semblaient peu prédisposés à ce genre de pathologie : ils ont tous les deux fait des études assez longues, eu des métiers plutôt "intellectuels", je les ai toujours vus beaucoup lire. Je sais que ce n'est la garantie de rien, mais on va dire que c'étaient des gens qui faisaient travailler leur cerveau davantage que la moyenne. 

    Or on affirme souvent qu'il faut entretenir sa mémoire justement par une activité intellectuelle pour éviter le déclin cognitif. 

    Ils n'ont par ailleurs jamais bu, ni fumé, ni évidemment utilisé de "substances illicites" qui font des ravages sur les neurones. 

     

    Je réfléchis donc à ce qu'ils avaient en commun et qui pourrait expliquer qu'ils aient eu tous les deux la même maladie, certes à des âges assez avancés, mais pas extrêmes non plus pour notre époque. J'évoque quelques pistes.

     

    — Mes parents ont toujours eu une nourriture désastreuse. Ma mère ne cuisinait pas, les repas étaient souvent constitués de plats préparés industriels, de boîtes. Mon père rajoutait sur tout de la mayonnaise (en tube et allégée, c’est-à-dire la pire), de la pâte d’anchois, etc. Un peu de légumes frais sous la forme surtout de salades, des desserts industriels genre mousse au chocolat de supermarché, liégeois…

    C’est-à-dire forcément une alimentation pauvre en nutriments, en vitamines, en anti-oxydants, en omégas-3.

    Bien sûr, on me dira que plein de gens mangent ainsi et ne développent pas de démences. Mais quand même…

     

    — Tous deux ont toujours pris pas mal de médicaments. Mon père « se surveillait » énormément, tout le temps chez le médecin. Il consommait souvent des anxiolytiques notamment, dont on sait comme ils sont néfastes pour le cerveau.

    Vu qu’il avait un problème cardiaque (un petit, pas grand-chose, mais ça l’obsédait), j’imagine qu’on a dû aussi lui donner des statines même si je n’en suis pas sûre car je ne connaissais pas son traitement. Les statines altèrent entre autres la mémoire. Je rappelle qu’il s’agit d’un médicament pour faire baisser le cholestérol et qu’on le prescrit pour un oui ou pour un non.

    Or mon père parlait tout le temps de son cholestérol, partant du principe que puisqu’il prenait des médicaments, il n’avait pas besoin de se priver dans son alimentation !

    Ma mère était moins obsédée autrefois par sa santé, mais lors de la maladie de mon père puis à sa mort, et ensuite dans les mois qui ont suivi, elle a eu besoin d’un soutien (ce qui peut se comprendre).

    Et son généraliste lui a donné… antidépresseurs, somnifères et anxiolytiques, bien sûr. Sauf que même quand elle est allée mieux, il a continué avec ce traitement alors qu’elle n’avait jamais eu la moindre tendance dépressive auparavant.

    Mon ami psychiatre me dit souvent qu’elle aurait eu besoin disons pendant trois mois de médicaments, puis il fallait progressivement baisser les doses et tout arrêter au bout encore de trois mois. Au lieu de ça, elle a pris tous ces neuroleptiques pendant plus de dix ans. Mon ami psy est catégorique : « On lui a grillé le cerveau ».

    Là encore, rien ne dit que l’un et/ou l’autre n’auraient pas développé une pathologie. Mais peut-être sous une forme moins sévère, et avec une évolution moins fulgurante.

    Aujourd’hui, je suis en froid (c'est un euphémisme) avec le généraliste de ma mère, à qui j’ai dit un jour ma façon de penser et qui n’a pas apprécié, c’est le moins qu’on puisse dire.

     

    — Enfin, pour une raison que j’ignore, mes parents, lorsqu’ils se sont trouvés à la retraite, se sont complètement repliés sur eux-mêmes. Ils ont cessé de voyager, de voir des amis ou presque, ils ne sortaient pas, ne recevaient jamais (ma mère aurait eu du mal, détestant cuisiner).

    Leur vie se résumait à rester tous les deux à la maison (« On n’a pas besoin des autres ») à lire, regarder la télévision... s'ennuyer. Le restaurant une ou deux fois par semaine, les courses et c’est à peu près tout.

    Or un professionnel de santé rencontré par hasard à l’hôpital m’a dit un jour que les gens qui maintenaient le plus une vie sociale, qui n’hésitaient pas à se confronter à l’imprévu (des gens arrivent à l’improviste, on les invite par exemple) avaient une altération moindre de leurs facultés cognitives.

    Je n’ai jamais compris le pourquoi de cette attitude. Sans être riches, ils étaient vraiment très à l’aise, ils étaient en bonne santé, ils auraient pu avoir une retraite de rêve, et ils se sont fabriqué une existence complètement étriquée.

     

    Je suis convaincue que ces trois éléments (mauvaise alimentation, excès de médicaments, repli sur soi) ont participé au développement de leur démence.

    D’accord, des gens qui mangent bien, ne prennent pas de traitement, ont une vie sociale intense peuvent aussi être atteints de ces pathologies, évidemment. Mais il n’empêche que je ne peux pas m’empêcher de voir dans tout cela un lien de cause à effet.

     

    J’ai d’ailleurs été surprise il y a quelques mois par un numéro de la revue Sciences et Avenir qui consacrait un long dossier à Alzheimer. Ce magazine est l’un des moins tournés que je connaisse vers la santé naturelle, les médecines alternatives…

    Et pourtant, que disent-ils ?

    Il n’y a pas de traitement contre Alzheimer. Le mieux qu’on ait à faire est de tenter de prévenir. Comment prévient-on les démences ?

    Selon Sciences et Avenir, en adoptant le régime méditerranéen pour son alimentation, en ayant une activité physique régulière, en maintenant du lien social… Pour une fois, leurs conclusions sont les miennes !

     

    Je me suis quand même inquiétée auprès des médecins qui ont soigné ma mère (et de mon ami psy) de savoir si mon risque personnel de développer une démence était augmenté par le fait que mes deux parents en ont été atteints.

    La réponse est claire : c’est non. Il pourrait y avoir un facteur héréditaire si la maladie les avait touchés jeunes, mais ça n’a pas été le cas.

    Ce qui ne veut pas dire que je n’aurai jamais de démence, mais elle n’aura pas de cause génétique. Et en attendant, je mange une nourriture ultra-saine, et j'essaie au maximum de bouger mon mari, plus pantouflard que moi... 

     

     

     

     

     


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    Ma mère a un ami… pour mon malheur !

    C’est un monsieur (appelons-le « Machin ») de 95 ans. Elle l’a connu avant son mariage (mon père et Machin étaient eux-mêmes amis), elle avait moins de 30 ans à l’époque. Ils ne se sont jamais complètement perdus de vue.

    Aujourd’hui, il habite à trente ou quarante kilomètres de chez elle. Ils ne se sont plus vus depuis quatorze ans mais ils se téléphonent très souvent.

    Le problème est que ma mère n’a confiance qu’en lui. Pourquoi ? Est-ce parce que désormais, les seuls souvenirs qu’il lui reste sont les souvenirs anciens, de jeunesse ? Je l’ignore.

    Bref, il a pris un énorme ascendant sur elle, et il me pourrit la vie.

    Il s’est persuadé apparemment que j’étais une mauvaise fille et que j’en voulais à l’argent de ma mère. Pour quelles raisons ? Sans doute des choses que ma mère dit sur moi : elle est convaincue que je ne m’occupe pas d’elle et que je la laisse sans nouvelles des semaines alors que je l’appelle chaque matin et que nous allons la voir régulièrement.

     

    Fort de son « bon droit » (il est un vieil ami, c’est un ancien magistrat), il monte ma mère contre moi depuis des années, je le réalise peu à peu. Quelques exemples :

    — Quand il est devenu évident que ma mère avait de gros problèmes (et non de simples « trous de mémoire dus à l’âge » comme elle l’affirme et comme l’affirme Machin), j’ai essayé de faire certaines choses.

    J’ai entre autres discuté avec son médecin et nous avons décidé qu’il serait bien qu’elle aille à une « consultation-mémoire ». Son toubib a pris rendez-vous pour elle et mon mari et moi l’avons emmenée. Il y a eu une première évaluation.

    Mais il aurait fallu poursuivre les examens et les investigations… et évidemment, ma mère en a parlé à Machin. Celui-ci lui a dit qu’elle allait très bien, que tout ça était inutile… et elle a annulé les rendez-vous suivants.

    Je suis bien consciente que ça n’aurait probablement rien changé à son état car on ne sait pas soigner ces maladies. Mais on aurait au moins su où elle en était, et il y avait peut-être des stratégies à mettre en place pour ralentir l’évolution de la pathologie, comme des ateliers-mémoire par exemple.

    — Il y a deux ans et demi, ma mère a été hospitalisée après une overdose accidentelle de médicaments (elle prenait ses médicaments, oubliait qu’elle les avait pris, les reprenait, etc. Depuis, ce sont des infirmières qui viennent deux fois par jour les lui donner).

    Par égard pour lui, j’ai prévenu son ami. Un jour où il essayait de la joindre au téléphone sans y parvenir (il s’était en fait trompé de numéro), il m’a appelée, furieux, en me disant qu’on séquestrait ma mère (sous-entendu « je » faisais séquestrer ma mère), que c’était inadmissible d’isoler ainsi une personne âgée, qu’il allait saisir le procureur…

    Je lui ai redonné le numéro, expliqué l’état de ma mère… il est arrivé à lui parler et n’a plus insisté. Mon mari m’a dit que j’avais eu un mauvais réflexe, que j’aurais dû le laisser saisir le procureur, qu’il se serait ridiculisé une bonne fois pour toutes et que j’aurais été tranquille.

     — Les médecins de l’hôpital étaient d’accord pour que ma mère rentre chez elle sous certaines conditions comme la présence d’infirmières pour les médicaments, et la suppression du gaz. J’ai donc contacté Engie, fourni des certificats médicaux, et le compteur a été « déposé ».

    Quand ma mère s’en est rendu compte (alors que je le lui avais expliqué), elle a appelé Machin qui fou de rage, lui a dicté une lettre pour Engie afin qu’on rétablisse le gaz.

    J’ai passé des heures à rattraper ça, il a fallu des lettres, des coups de fil, de nouveaux certificats médicaux.

    Et aujourd’hui, Machin a le culot de me dire : « C’est une bonne chose que ta mère n’ait plus le gaz ».

    — Quand j’ai vu qu’elle commençait à faire n’importe quoi avec son argent, j’ai tenté de la persuader de me donner une procuration. Ça m’aurait permis de surveiller de loin par internet ce qu’elle faisait et d’intervenir si besoin.

    Des voisins et amis en qui j’ai toute confiance (et qui eux la voient quotidiennement) ont insisté dans le même sens. Elle avait l’air décidé, m’a fait prendre rendez-vous avec la banque… puis elle a téléphoné à Machin qui lui a dit qu’elle ne devait surtout pas me donner de procuration, que j’allais vider son compte !

    Du coup, elle m’a fait annuler le rendez-vous et a continué à faire n’importe quoi.

    Je précise qu’il m’a connue petite fille et me tutoie, alors que je le vouvoie, ce qui fait que je me sens toujours comme une gamine avec lui et que je n’ose pas le traiter comme il le mériterait.

     

    Désormais, pas mal de personnes sont au courant que ma mère est sous tutelle et que je suis sa tutrice, et tout le monde trouve ça très bien.

    Lui par contre n’est pas au courant. Je me suis dit qu’il était capable de me mettre des bâtons dans les roues. Ça n’aboutirait à rien pour lui mais ça compliquerait encore plus ma vie.

    Lors de mon audition par la juge, j’ai quand même signalé l’existence de Machin et ses relations avec ma mère. Ça n’a pas eu l’air d’émouvoir la magistrate qui m’a dit que s’il le voulait, il lui écrirait, qu’elle le recevrait, lui demanderait depuis quand il n’avait plus vu ma mère (14 ans donc), qui il était par rapport à elle… et ce serait réglé.

    Je dis qu’il n’est pas au courant… quoique. Ma mère ne reçoit normalement plus de papiers administratifs mais il est arrivé un ou deux documents de sa banque (notamment concernant sa nouvelle carte bleue qui est désormais une carte de retrait plafonnée). Or, son compte mentionne « Madame… sous tutelle de Madame… ».

    Elle a lu ça et bien sûr… a appelé son ami.

    Je pense qu’il subodore qu’une mesure a été prise à son égard. Elle m’a laissé plusieurs messages furibonds où elle me lisait ce qu’il lui avait dicté : « Machin dit qu’on ne peut mettre quelqu’un sous tutelle que par un jugement : il veut voir le jugement, etc. »

    Lui-même m’a appelée il y a environ une semaine. J’avais décidé de ne plus lui répondre mais je me suis fait piéger car il a téléphoné d’un portable.

    Il m’a posé plein de questions sur la carte bleue de ma mère, puis m’a demandé abruptement si elle était sous tutelle. J’ai été prise de court et lui ai répondu que non.

    Je me dis finalement que j’ai eu raison et que ça ne le regarde pas.

    Depuis, il ne semble pas oser me rappeler (j’ai été pour la première fois de ma vie sèche avec lui au téléphone, et sans lui raccrocher franchement au nez, j’ai mis un terme un peu brutalement à la conversation). Mais ma mère me harcèle en me rapportant ce que dit son ami. Il y a deux ou trois jours, elle m’a même demandé le nom du juge des tutelles : c’est Machin qui voulait savoir. J’ai seulement répondu que je ne connaissais le nom d’aucun juge.

     

    Cette histoire me rend folle. Ce type a fait du mal à ma mère (elle n’a pas été soignée dans de bonnes conditions) et aujourd’hui, il m’en fait à moi. Je suis certaine que s’il n’était pas là, elle ressasserait moins tout ça et serait plus calme. Mais je pense que chaque fois qu’ils s’appellent, il remet ces questions sur le tapis (« Alors, tu as demandé à ta fille ? Tu es sous tutelle ou non ? »).

    Comme si je n’en avais pas assez de me débattre avec les administrations, de passer des heures au téléphone, il faut en plus que j’essaie de neutraliser Machin et son pouvoir de nuisance.

     

    Pourquoi fait-il ça ? Il est très âgé, seul et s’ennuie de son propre aveu. Je pense qu’il s’est trouvé une occupation, voire même une cause à défendre. Mais c’est hallucinant le nombre de personnes qui se mêlent des affaires des autres sans rien connaître des situations réelles.

    Je me suis mise à haïr cet homme au point qu’il me vient parfois des pensées inavouables.

    Ces deux-là se sont retrouvés veufs à un ou deux ans d’écart. Ils n’auraient pas pu se marier ? Ils aiment la poésie tous les deux, ils auraient pu se réciter des poèmes toute la journée, et ils m’auraient fichu la paix ! Et aujourd’hui, ma vie serait peut-être plus simple. J’aurais certes un beau-père taré, mais on ne vivrait plus dans la hantise des sonneries de téléphone.

     

     


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    Quand j'ai commencé à tenir ce blog, je me suis fait une règle de ne jamais parler de moi et de m'en tenir à l'alimentation, aux recettes. Je n'ai ainsi jamais mentionné mon nom, mon métier, l'endroit où j'habite, donné des détails sur ma vie. 

    Aujourd'hui, j'ai envie de faire une exception. Parce que je vais mal et qu'écrire les choses noir sur blanc (ou plutôt noir sur jaune), me fera peut-être (je précise "peut-être") du bien.

     

    Ma mère est atteinte depuis quelques années d'une démence (qui selon les médecins, ne serait pas Alzheimer). Son entourage et moi-même avons vu peu à peu son état se dégrader jusqu'à devenir ingérable. Notamment pour tout ce qui concerne ses papiers, la banque, elle s'était mise à faire n'importe quoi.

    Je ne souhaite pas que ma mère soit "placée" : elle vit seule mais a toujours pour le moment certains gestes automatiques du quotidien. Elle se douche tous les matins, porte des habits propres, est capable de s'acheter à manger...

    La prendre avec nous ? Nous habitons à près de 150 kilomètres d'elle et quand bien même ce serait possible matériellement (ça ne l'est pas vu la taille de notre logement), j'avoue que je m'en sentirais totalement incapable. 

    J'ai dû me résoudre à faire une demande de protection juridique pour au moins toutes les questions administratives ou financières, et à la fin de l'année dernière, elle a été mise sous tutelle.

    Sauf que...

    Alors que je ne le souhaitais pas et l'avais dit, lors de mon audition, la juge m'a désignée comme tutrice. Il n'y a pour les magistrats que deux possibilités : soit la tutelle est exercée par un membre de la famille (et je suis la seule famille proche de ma mère), soit par un tuteur professionnel. Or j'ai appris depuis que vu la multiplication des pathologies type Alzheimer, ces derniers ne sont plus assez nombreux. Et si je ne doute pas que certains fassent bien leur métier, d'autres auraient une gestion disons "désinvolte" des "majeurs protégées" (c'est le nom officiel). 

    Je me rends compte aujourd'hui qu'en fait, quand je suis entrée dans le bureau de la juge, elle avait DÉJÀ pris sa décision : ce serait moi. 

    Depuis, ma vie est devenue un enfer. La tutelle est la forme la plus lourde de protection juridique. La personne perd quasiment tous ses droits qui sont transférés au tuteur. Il faut ainsi prendre possession des comptes en banque, contacter l'intégralité des organismes avec lesquelles la personne est en contact, fournir des quantités de pièces qui ne sont pas les mêmes pour toutes les administrations (ce serait trop simple), plafonner les dépenses, toujours en agissant au mieux des intérêts du majeur.

    Et tout cela en sachant que chaque démarche sera contrôlée par un magistrat et que chaque euro dépensé sera scruté et devra faire l'objet d'une justification. 

    Je me heurte en permanence à la mauvaise volonté de mes interlocuteurs. La banque a commis erreur sur erreur qu'il m'a fallu rattraper ce qui a pris des heures, voire des jours, je commence juste à y voir un peu plus clair même si tout n'est pas encore réglé.

    Les impôts jouent l'inertie : il faudrait créer un espace personnel pour ma mère, or je ne dispose pas des identifiants qui sont introuvables chez elle, mes coups de fil ou mails se perdent dans un vide intersidéral. Orange m'a renvoyé le dossier parce que je n'avais pas joint de photocopie de ma carte d'identité (qu'ils ne m'avaient pas demandée quand je les avais appelés). 

    Ma vie se passe désormais en coups de téléphone (avec des délais d'attente invraisemblable quand quelqu'un daigne répondre) qui ne donnent rien, mails qui ne reçoivent pas de réponse, courriers qui restent lettre morte. Et il faut continuer à gérer ma mère qui ne comprends plus rien à rien.

    Alors qu'est-ce que je fais ?

    Tout d'abord, je dirais que je pense faire une dépression. Chaque démarche me semble insurmontable, me demande des efforts surhumains, je tourne parfois une heure dans la maison en sachant que j'ai dix mille choses à faire sans savoir par quoi commencer. Je n'ai plus le goût à grand-chose et tout m'angoisse. Je vois se rapprocher la date fatidique à laquelle je devrai rendre au tribunal un inventaire des biens de ma mère (l'agence immobilière contactée pour faire une estimation n'a plus donné signe de vie, et ce n'est qu'un exemple des difficultés) et un budget prévisionnel. Il me manque des quantités de documents qui me permettraient d'avancer et je ne vois pas comment les obtenir car j'ai déjà tout tenté. 

    Ça n'empêche pas que je fais plein de choses dans une journée : appels téléphoniques, papiers, je continue de faire tourner la maison parce qu'il n'y a pas le choix, mais tout ça dans un état de stress jamais connu. 

    Qu'est-ce que je fais d'autre ? 

    On va dire que ça me ramène au sujet de mon blog : je mange. Je mange de bonnes choses cuisinées par moi, et me mettre à table, déguster sont devenus quasiment les seuls plaisirs de ma vie (et aller me coucher le soir quand c'est enfin l'heure !).

     

    Je suis consciente qu'avoir écrit tout ça ne changera rien à ma situation, que ça n'a rien d'intéressant pour qui éventuellement me lira... mais bon, c'est fait, ça m'a au moins soulagée un peu pendant quelques minutes. 

     

     

     


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    Le broyé du Poitou

     

     

    En ce 31 décembre, voici une recette une peu particulière puisqu'elle va en théorie contre tous mes principes : elle contient en effet à la fois du gluten et du lactose.

     

    Alors pourquoi est-ce que je la donne quand même ? Pour plusieurs raisons :

    — Tout d'abord, je l'ai promise à une amie de blog.

    — Ensuite, je me dis qu'en certaines circonstances (et la période des fêtes en est une), il ne faut pas se montrer trop intransigeant.

    — Elle m'a par ailleurs été transmise par quelqu'un que j'aime beaucoup et ça, c'est essentiel. La nourriture contient une forte charge affective, on ne peut pas toujours la résumer à un ensemble de nutriments. 

    — Et enfin, tout simplement, elle est délicieuse...

     

    Ingrédients : 

     

    — 500 grammes de farine

    — 250 grammes de beurre demi-sel

    — 250 grammes de sucre de canne en poudre

    — 1 sachet de sucre vanillé

    — 3 œufs

    — 1 cuillère à soupe de lait

    — Éventuellement, un pot de marmelade d'orange

     

    Réalisation :

     

    — Dans un saladier, bien mélanger à la main la farine, le beurre légèrement ramolli et deux jaunes d'œufs.

    — Rajouter ensuite le sucre et le sucre vanillé, continuer à malaxer et faire une boule de pâte.

    — Laisser reposer environ une heure.

    — Préchauffer le four thermostat 7 (210 °).

    — Étaler la pâte au rouleau sur du papier sulfurisé et la déposer dans un moule rond d'environ 30 centimètres de diamètre.

    — Avec un dos de fourchette, dessiner un quadrillage. Piquer la pâte de loin en loin.

    — À l'aide d'un pinceau, badigeonner la pâte avec un jaune d'œuf mélangé à la cuillère à coupe de lait.

    — Mettre au four environ 25 minutes (je commence en général à vérifier la cuisson au bout de 20 minutes, éventuellement, j'éteins le four et laisse encore cinq minutes supplémentaires).

     

     

     

    — Découper en portions rectangulaires à la sortie du four.

    — Laisser refroidir.

     

    Il est possible, quand la boule de pâte est prête, de la séparer en deux, et après l'avoir laissée reposer, d'étaler deux cercles de pâte. Dans ce cas, on met le premier dans le moule, on couvre de marmelade d'orange par exemple (je compte essayer un jour aussi à la confiture de figues), on rajoute ensuite par-dessus le second cercle de pâte. Ensuite, on procède de la même manière que pour la recette nature.

     

    Pour le soir de Noël, comme j'étais chargée des desserts, j'avais fait (entre autres) deux variétés de broyé : un nature, et donc un à la marmelade d'orange.

    Personne ne connaissait (moi non plus avant qu'on ne me donne la recette), et tout le monde s'est régalé !

    Alors, je ne dis pas qu'un jour je n'essaierai pas une version sans gluten et sans lactose. Mais pour le moment, je m'en tiens à la préparation originale et franchement, c'est un délice.

     

    Bon bout d'an et bon réveillon à ceux qui en font un. 

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     Résultat de recherche d'images pour "tables de noel"

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    En bonne orthorexique qui se respecte, pendant cette période des fêtes, je ne m’interroge pas trop sur ce que je vais bien pouvoir manger.

    Non, mon problème, c’est plutôt ce que je ne vais pas manger. Parce que ce n’est pas bon pour la santé, parce que ce n’est pas bon pour la planète…

    D’une année sur l’autre, ce sont toujours un peu les mêmes choses.

     

    — Le foie gras

    Il est présenté comme un incontournable des fêtes. À part un effet de mode ou une tradition, je n’ai jamais trop compris pourquoi. Cela étant, même bien avant de surveiller mon alimentation, je n’aimais pas vraiment.

    Pourquoi est-ce que je ne mange pas de foie gras ? Pour plein de raisons.

    Tout d’abord, par définition, un foie gras est un foie malade. Chez l’humain aussi il existe une maladie dite « du foie gras ». Ses causes peuvent être génétiques, mais le plus souvent, c’est le surpoids et une trop grosse consommation de sucres qui la provoquent. Ce n’est pas par hasard si on l’appelle aussi « maladie du soda » ! Et justement, on gave les oies ou les canards avec des glucides.

    C’est une maladie grave, qui peut évoluer en forme mortelle au même titre qu’une cirrhose (même sans avoir jamais consommé une goutte d’alcool).

    Et indépendamment de ce problème (qui  est à mon sens quand même majeur : comment manger un organe malade peut-il être bon pour la santé ?), il faut naturellement considérer la brutalité avec laquelle on gave les volailles : certaines sont blessées gravement voire meurent.

    Alors non, je ne veux pas manger un tel aliment.

     

    — Le chapon, la dinde

    La dinde ou le chapon sont là aussi un mets traditionnel des fêtes (disons qu’à cette période, c’est la fête pour beaucoup, mais pas pour les volailles). Tout le monde sait que le chapon est un animal castré (à vif), comme le mouton ou le bœuf. Le chapon est par ailleurs enfermé pas mal de jours dans une cage et dans l’obscurité, ce qui permet d’obtenir sa chair qui fait les délices de certains. J’ai beau savoir que toutes ces pratiques sont courantes, je les trouve barbares.

    Et bien entendu, je reprends mon leitmotiv sur l’élevage, plus gros pourvoyeur de gaz à effet de serre de la planète. Ne parlons pas de la façon dont ces animaux sont parqués dans des conditions trop souvent indignes ; j’ai l’impression que si on voyait RÉELLEMENT ce qui se passe dans les fermes et dans les abattoirs, les végétariens seraient plus nombreux simplement parce que les gens seraient dégoûtés. On me dira que ce ne sont que des bêtes (à titre d’information, plus de 60% des animaux sur la planète sont destinés à la boucherie, ce qui laisse quand même rêveur…), mais mon choix est fait.

    Alors non, je ne veux pas manger un tel aliment.

     

    — Le saumon

    Nature, en croûte, fumé, il est aussi un des incontournable des réveillons. Et en plus, on nous affirme que du fait de sa teneur en omégas-3 (bien réelle), il serait bon pour la santé.

    Mais c’est très discutable. Car le saumon est mauvais à plus d’un titre. D’abord la plupart du temps, c’est un saumon d’élevage, ce dont je me méfie a priori, souvent nourri aux farines et huiles animales qui sont insuffisamment contrôlées. La graisse du saumon notamment (car c’est un poisson gras) contient des traces importantes de PCB, produit dangereux et toxique, polluant longtemps très utilisé dans l’industrie. Certes, les PCB ont été interdits en France depuis 1987, mais leur durée de vie est très longue (jusqu’à plusieurs centaines d’années), et on les trouve encore largement dans l’environnement et la chair des animaux.

    Le saumon sauvage est infiniment plus cher. Et par ailleurs, comme tous les grands poissons carnivores, il est en bout de chaîne alimentaire (il se nourrit des plus petits).

    Or on sait tous comme les mers et les rivières sont polluées : les petits poissons absorbent donc de cette pollution… un peu du fait de leur taille. Mais les grands poissons, qui mangent par définition une grande quantité de petits, sont beaucoup plus contaminés notamment en métaux lourds.

    Alors non, je ne veux pas manger un tel aliment.

    Cela fait d’ailleurs des années que j’ai arrêté de consommer du saumon. L’année dernière, où j’avais eu envie de faire moi-même des blinis, pour les garnir, j’ai choisi de la truite fumée bio. Ce n’est pas parfait, mais c’est moindre mal (et accessoirement, c’est beaucoup moins cher).

     

    Je n’ai parlé ici que de ce qui est pour moi le plus évident, mais la liste pourrait s’allonger à l’infini (en y incluant par exemple les huîtres, le homard ou les desserts, notamment les desserts industriels).

     

    Alors, comment est-ce que je fais pendant cette période ?

    Quand je suis invitée… je dirais que je m’incline. Le travail de la cuisinière ou de la personne qui reçoit se respecte, je ne dis donc rien et je mange ce qu’on me présente (sauf le foie gras et la viande, mais dans mon entourage, tout le monde sait que je suis végétarienne depuis très longtemps, ce qui passe pour une gentille lubie, mais bien acceptée en général).

    Sinon, le saumon, la bûche, les  gâteaux tout prêts… je fais avec, parce que la vie en société impose ce genre de compromissions avec soi-même. Mais une fois l’an, il n’y a pas abus.

    Et si nous sommes seuls ou si c’est nous qui recevons ?

    Eh bien là, ce sont les autres qui s’inclinent. Nos menus de fêtes sont je l’avoue assez peu conventionnels, mais ils sont délicieux quand même.

     

    D’ailleurs, j’ai des idées tout à fait alléchantes pour le 31 décembre !

     

     

     


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