• Ras le bol !

     

     

    Aujourd’hui, gros coup de gueule de l’orthorexique. Car franchement, j’en ai ras le bol !

    Comme pas mal de monde j’imagine, j’ai vu hier soir l’émission Cash Impact sur France 2. Pour être plus exacte, j’en ai vu seulement une vingtaine de minutes, parce qu’au fond, je savais ce qui allait être dit, parce que j’ai été dégoûtée très vite et que ce que j’ai entendu m’a rendue furieuse (ce qui n’est jamais bon avant d’aller se coucher). L’émission était donc consacrée à l’usage des pesticides dans les vignobles, principalement dans le Bordelais. Alors oui, ras le bol !

     

    — Ras le bol de voir que deux ans après une première émission qui pointait déjà l’emploi massif de pesticides dans les vignes de la région de Bordeaux, après une marche blanche des habitants légitimement affolés, après les promesses de la part de viticulteurs de se montrer plus vertueux… rien n’ait changé !

    — Ras le bol qu’on continue les épandages à quelques mètres d’écoles cernées par les vignes. Le seul effort dérisoire qui est consenti : pas d’épandages pendant les récréations, ni vingt minutes avant, ni vingt minutes après. Car je suppose qu’en une heure, tous les produits toxiques ont disparu de l’atmosphère comme par enchantement et que les enfants ne risquent donc plus rien !

    — Ras le bol de découvrir que pour le nettoyage des épandeurs, les ouvriers enfilent des combinaisons dignes de celles utilisées dans les centrales nucléaires, alors que le malheureux habitant du coin est pleinement exposé !

    — Ras le bol d’apprendre qu’à l’intérieur des écoles ou des maisons de la zone, on trouve des traces de pesticides, y compris un qui est interdit en France et en Europe depuis 13 ans, et un autre qui est interdit pour sa part depuis 10 ans !

    — Ras le bol que les viticulteurs se défilent et refusent de participer à l’émission sous des prétextes fallacieux, alors que la seule vérité, c’est qu’ils savent parfaitement ce qu’ils font et qu’ils n’ont aucune envie que ça change, ni de rendre des comptes !

    — Ras le bol que devant cet état de fait, le seul responsable parmi les viticulteurs qui ait eu le courage de répondre aux journalistes ait affirmé qu’il était inadmissible qu’on emploie des produits interdits, qu’on allait enquêter, qu’on se porterait partie civile contre ceux qui avaient utilisés lesdits pesticides… alors que bien sûr, il ne se passera rien !

    — Ras le bol qu’on soit capable en quelques semaines d’imposer une baisse de 10 kilomètres/heure de la vitesse sur les routes, qu’on soit capable de contrôler l’application de cette mesure (grâce aux radars, bien sûr), et qu’on ne soit pas fichu de faire respecter une interdiction qui est prise depuis des lustres !

    — Ras le bol que le premier ministre soit venu nous dire vertueusement que si la mesure d’abaissement de la vitesse sauvait ne serait-ce qu’une vie par an, ce serait une bonne mesure… alors qu’on ne fait rien pour ces épandages de produits illicites qui tuent et tueront bien plus d’une personne par an, ce que tout le monde sait parfaitement !

    Et au nom de quoi ? Je ne vois que le profit…

    — Alors, ras le bol de cette société qui privilégie l’argent au détriment de la santé de tous dans la plus totale indifférence, voire le plus total mépris ! De cette société qui fait passer l’économique avant l’humain ! Mais pas grave, pourvu que les viticulteurs gagnent bien leur vie et contribuent à la richesse de la région ; pas grave, pourvu que ceux qui produisent tous ces poisons soient milliardaires et versent des dividendes aux actionnaires ! Je sais qu’il y a des intérêts économiques derrière tout ça et qu’il faut qu’un pays tourne, je sais qu’il y a des emplois à la clé, il n’empêche que ça me rend folle de rage.

    — Ras le bol que la ministre de la santé ait pu, en quelques semaines là aussi, imposer 11 vaccins obligatoires aux enfants (vaccins controversés par beaucoup, y compris d’éminents médecins), et qu’on ne l’entende pas sur le scandale des pesticides ! Car dans ce domaine, ce ne serait pas la santé des gens qui serait en jeu ? Ce ne serait pas son job de s’en préoccuper au moins un peu ?

    — Ras le bol que le ministre de l’écologie n’ait pas voulu répondre dans l’émission d’hier soir. A-t-il craint qu’on ne l’interroge sur son recul concernant l’interdiction du glyphosate ? Car quand ce poison sera-t-il complètement proscrit ? Trois ans ? Cinq ans ? Je suis convaincue que dans dix ans, on n’en sera pas débarrassés ! Parce que bien sûr, que des multinationales continuent à prospérer, c’est autrement plus important que la santé des citoyens qui attrapent de plus en plus, de plus en plus jeunes, des maladies de plus en plus graves !

    — Ras le bol de cette société où on nous encourage à consommer toujours davantage, tout et n’importe quoi ! Ras le bol qu’on nous fasse acheter des trucs inutiles, manger des saletés, et que les gens acceptent d’entrer dans ce système ! Il n’y a qu’à voir les caddies des supermarchés au moment du passage en caisse ! Après tout, pourquoi les empoisonneurs patentés se gêneraient-ils puisque la plupart des individus, eux, ne sont pas gênés ?

     

    Alors non, je n’ai pas la solution ! Non, si j’étais aux responsabilités, je ne saurais pas ce qu’il faut faire (du moins rien qui soit réalisable dans l’immédiat). Mais justement, je ne suis pas aux responsabilités et j’aimerais bien que ceux qui y sont, qui profitent largement de tous les avantages de leurs fonctions, se bougent un peu ! Je voudrais qu’on interdise toutes ces cochonneries de pesticides. Bien sûr, je sais qu’il y a tellement d’intérêts imbriqués que ça ne peut se faire du jour au lendemain. Mais je suis persuadée que même à moyen terme on n’agira pas, et qu’au contraire, on ira toujours plus loin dans cette fuite en avant. À part prendre quelques décisions à grand spectacle et probablement inutiles, rajouter quelques taxes pour se donner bonne conscience (et accessoirement faire entrer de l’argent dans les caisses), il ne se passera strictement rien.

     

    Je dis que je n’ai pas de solution ? En fait si, j’en ai une. Disons une partielle. Et qui ne se situe qu’à mon petit niveau. J’ai le choix en effet de refuser d’entrer dans ce système autant que faire se peut, et de consommer moins, beaucoup moins. Là, après cette émission, plus question d’acheter du vin de Bordeaux (apparemment la région la plus touchée). De toute manière, du vin, on n’en boit quasiment pas. On prendra du bio local, voilà tout. Parce que même dans la région bordelaise, autour des parcelles de vignes cultivées en bio, on a quand même relevé moins de traces de pesticides. Alors le bio n’est pas parfait, certes, mais c’est « moins pire ».

     

    Si je consomme moins, et dans pas mal de domaines (moins de nourriture, moins de vêtements, moins de gadgets high-tech, moins de tout), je suppose que je vais être considérée comme une mauvaise citoyenne qui ne contribue pas à la richesse de son pays. Mais ça tombe bien, je m’en fiche. Et par ailleurs, en payant mes impôts divers et variés, directs et indirects, je crois participer largement à l’économie de la France.

    Et puis, je préfère mon bien-être à une consommation effrénée, parce qu’à mon âge (il était temps !), j’ai réalisé que mon bonheur ne résidait pas dans le toujours plus. Il est ailleurs : dans ma vie avec mon mari, mes valeurs, ma santé.

    Encore que pour ma santé (comme pour celle de la plupart des gens), on puisse se demander s’il n’est pas déjà trop tard.

     

     

    Alors oui, RAS LE BOL !!!

     

     

    (Dire tout ça ne sert à rien, n’aura pas la moindre incidence sur quoi que ce soit, j’en suis consciente… mais ça fait quand même du bien !)

     

     


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