• On se fait avoir !

     

     

     

     

    En fait, le titre exact de cet article devrait être « Je me fais avoir », ou « Je me suis fait avoir »… Mais comme je ne dois pas être la seule, je me permets de faire de mon exemple une généralité. Et de plus, comme je suis un peu vexée de ma naïveté, me dire que d’autres que moi sont sans doute bernés me rassure…

    J’achète de manière générale peu de produits transformés, mais je m’y trouve parfois obligée. De ce fait, je suis particulièrement vigilante sur les étiquettes, et dans les magasins, je lis les compositions avec des lunettes (c’est écrit en tout petit, forcément… Y aurait-il une intention malhonnête derrière ces caractères minuscules ? Je n’ose le croire…)

     

    Pour en arriver à mon sujet, je l’ai déjà dit, nous adorons le miel, même si nous en mangeons somme toute assez peu. Presque exclusivement, c’est pour arroser le pain perdu quand j’en fais en dessert, donc pas toutes les cinq minutes malgré tout.

    Mais j’en achète.

    Sauf que je n’apprécie pas plus que ça ceux que l’on trouve facilement par chez nous : le miel toutes fleurs ou de montagne est assez fade selon moi. Je sais que certains ne jurent que par le miel de lavande, mais ce n’est pas notre cas.

    Non, notre préféré et de loin, celui qui a un vrai goût, c’est le miel de maquis corse. En règle générale, lors de nos séjours dans l’île de Beauté, j’en ramène deux ou trois pots, ce qui nous suffit. Mais lors de notre dernier voyage, nous avons fait chou blanc auprès du petit récoltant chez qui nous nous fournissons. Là-bas aussi les conditions météo ont été mauvaises avec beaucoup de pluie, donc le miel de printemps avait pris du retard et il ne restait plus de miel d’automne.

    Du coup, j’ai cherché par ici. À défaut de miel de maquis, celui que nous préférons est le miel de châtaignier, éventuellement de sapin (il me semble avoir trouvé il y a longtemps du miel de bruyère, mais je ne suis pas sûre, et de toute manière, je ne sais plus où).

    Donc, me voici en quête de miel de châtaignier.

    Munie de mes lunettes, je me rends dans un magasin. Je fouine au rayon approprié et ô miracle, je crois tomber sur ce que je cherche. Un miel donc de châtaigner, avec le label bio. Je regarde de plus près : le nom du producteur est indiqué, mais aussi son lieu d’origine. Et là, super ! il s’agit d’un petit village à trente ou quarante kilomètres de chez nous.

    Donc tout va bien : ce n’est pas du miel de maquis, ni d’un récoltant que je connais personnellement, mais c’est ce qui se rapproche le plus de ce que je désirais.

    Je rentre donc chez moi satisfaite de mon achat.

    Un jour ou deux après, je prépare mon pain perdu, et là, c’est mon mari qui chausse ses lunettes. Il examine lui aussi l’étiquette (c’est moi qui lui ai donné cette manie). Et là, surprise !

    En encore plus petits caractères que le reste, noyé dans d’autres informations et difficilement lisible au milieu de la photo décorant le pot, il déchiffre :

    MÉLANGE DE MIELS ORIGINAIRES DE L’UE !!!

    Là, c’est la douche froide. Je vérifie, mais non, il ne s’est pas trompé. Mon miel est certes de châtaigner, il est certes bio, il est certes estampillé de ce petit village proche de chez nous (je suppose que c’est là qu’il a été mis en pot)… mais les miels, d’où viennent-ils ?

    Bien évidemment, je l’ignore. La réglementation n’oblige pas à indiquer la (ou les) provenance(s). Mon bon miel bio local vient-il de Pologne ? D’Allemagne ? D’Italie ? Une partie vient-elle quand même de France ?

    Impossible à savoir.

    Bref, je pensais avoir été prudente, et je l’ai été. Mais pas assez, de toute évidence.

     

    Alors, deux remarques :

    — D’une part, même quand on est vigilant comme je crois l’être, il est très facile de se faire avoir. Ce n’est pas avec des lunettes qu’il faut faire ses courses, mais avec une loupe. Et ce n’est pas une heure qu’il faut passer dans les magasins, mais au moins deux.

    — D’autre part, même dans le bio, la malhonnêteté est partout. Parce qu’on ne me dira pas que mettre en gros (enfin, aussi gros que cela peut l’être sur les étiquettes) le logo « AB » et les noms du récoltant et du village, et en minuscule ce qui m’aurait fait reposer le pot, ce n’est pas induire volontairement les clients en erreur.

     

    Conclusion ? Cet incident va me rendre encore plus vigilante, et en même temps, plus modeste aussi. Moi qui croyais à peu près tout bien faire, je suis comme les autres… je fais « au mieux ». Ce n’est déjà pas si mal, mais c’est loin d’être suffisant.

     

     

     


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Août à 18:24

    Bonsoir.

    Mes paysages vont reverdir car un bel orage bien arrosé vient de passer; il pleut encore doucement et ce n'est peut-être pas terminé, d'après les prévisions.

    Quant au Bio: c'est devenu une arnaque et les gros industriels ont manipulé les décideurs de Bruxelles pour avoir l'étiquette sans la qualité.

    Par chez nous, le mieux est d'acheter chez les producteurs régionaux; dans mon village, ils sont 13 agriculteurs/éleveurs à s'être regroupés et à vendre dans un magasin qu'ils gèrent eux-mêmes.

    Après la canicule qui nous faisait fermer les volets à 9h du matin, voilà que nous les fermons encore à 9h en raison des orages .... jamais contents !

    Bonne soirée.

    Gilbert

    2
    Vendredi 10 Août à 04:32

    Et bien moi, je n'ai pas ce problème : il nous reste une ruche sur les trois que nous avions et j'ai encore un peu de miel maison !

    J'ai la chance que le fermier qui "fait nos terres" (Comme on dit chez nous), tout autour de la maison est un cousin (Et notre maire) et ne fait pas de culture intensive mais recherche ce qui est le plus naturel possible.

    Je pense donc que notre miel est naturel, lui aussi.

    Je n'aime pas le mot bio car ça ne veut rien dire, pour moi ...

    Tout comme notre potager !

    Bon, je vais donc t'en envoyer un pot pour te consoler mais il me faudra ton adresse, si tu en veux bien, hein !

    Et là, pas d'étiquette trompeuse car il n'est pas commercialisé : nous nous auto-suffisons à peine, avec les parents de thierry qui adorent, eux aussi !

    Pour en revenir au tien, c'est une expression que l'on retrouve beaucoup " Originaire de l'UE " !

    Ca fait encore partie des foutages de gueule pour les produits de consommation.

    On met le nom d'un petit village français, bien sympathique, alors qu'il provient d'une coopérative d'achats groupés !

    Elle est belle, la traçabilité !

    C'est qu'elle est grande l'UE et que ton miel, il a peut-être beaucoup voyagé et dans quelles conditions ???

    Quelles peuvent être les preuves d'un transport respectant les normes pour des produits bios ???

    Tout ça me laisse perplexe ...

    D'ailleurs le miel fait partie des produits les plus contestables, au niveau bio.

    Personne ne promène ses abeilles en laisse et elles peuvent aller très loin, pour butiner ce qui leur plait ...

    Bref, une arnaque de plus, mais on a l'habitude, maintenant.

    Pitin, je suis en verve, ce matin, enfin, cette nuit : je me laisse aller ...

    Comme souvent au téléphone, quelques fois, où je pense en avoir pour 5 minutes et passe, en fait, plus d'une heure ! lolll

    Bon, je te souhaite une bonne fin de semaine, avec, enfin, un vrai temps d'août (tandou = temps doux. lolll !)
    Allez, je ne peux pas dormir, vais prendre ma petite pilule ... bien besoin ...
    Ca va me reposer la tête. ;-)
    Bisoux, mon amie.

    PS : en allumant la télé, tôt ce matin, j'ai vu les horribles inondations dans ta région ...

     

      • Vendredi 10 Août à 15:53

        Coucou Dom,

        Ça, c'est vraiment super d'avoir son propre miel, et encore mieux produit dans un environnement protégé. Il doit être super bon, et j'adorerais le goûter... mais tu en as à peine pour ta consommation personnelle, ça m'ennuie que tu te prives d'un pot pour moi (j'ignore complètement combien produit une ruche). Merci en tout cas pour ta proposition qui me touche beaucoup...

        Pour mon adresse ? Si tu surveilles ta boîte aux lettres, tu la connaîtras bientôt ! yes

        Il y a en effet comme tu le dis une arnaque généralisée sur les produits de consommation, et le bio n'y échappe malheureusement pas. Si une partie de mon miel soi-disant bio vient mettons de Grèce, ça fait un sacré trajet, et ça devient tout d'un coup beaucoup moins naturel. Sans compter que je ne suis pas certaine que les normes de l'AB soient les mêmes dans tous les pays de l'UE (mais ça, c'est un truc que je dois vérifier). Même chose pour les huiles d'olive par exemple. Mais les huiles d'olive des petits producteurs locaux sont carrément hors de prix (style 25 euros les 75 cl). On garde précieusement une bouteille offerte par un neveu de mon mari, qui a une oliveraie et produit sa propre huile, mais c'est pour les grandes occasions (une super salade, sur un simple filet de poisson...).

        Mon mari a exactement la même réflexion que toi sur le miel : il ne voit pas comment on peut obliger les abeilles à aller butiner uniquement sur certaines plantes. Mais peut-être la certification est-elle donnée si l'apiculteur a une certaine superficie en bio ? Encore un truc à aller vérifier. smile C'est du boulot de vouloir bien manger !!!

        Mais en fin de compte, je me dis quand même que le bio est "moins pire" que le reste, malgré l'effet de mode qui entraîne des abus. 

        Tu vois, je n'ai rien à t'envier, moi aussi je suis capable d'être très loquace, lol. Aussi bien par écrit qu'au téléphone (cela dit, je téléphone assez rarement par manque de temps, donc quand je le fais, j'ai tendance à me lâcher !)

        Il a fait un déluge effectivement chez nous, mais pas de dégâts graves à part quelques caves inondées. Par contre malheureusement, ailleurs, c'est une catastrophe matérielle et surtout humaine.

        Bonne journée.

        Bises. 

         

    3
    Vendredi 10 Août à 11:34

    J'essaie de consommer du miel venant de petits apiculteurs français et bio
    ça se trouve encore !
    ses qualités sont excellentes, pour l'estomac, la cicatrisation 
    celui de lavande me paraît le plus intéressant pour les voix respiratoires
    il m'arrive aussi de l'utiliser en cuisine, mais pour le côté gustatif, ses propriétés disparaissent quand il est chauffé
    j'ai fait un article en juin sur la disparition des abeilles
    CAUSES ET CONSÉQUENCES DE LA DISPARITION DES ABEILLES
    bonne journée
    amicalement
    Bernard

      • Vendredi 10 Août à 15:21

        Bonjour,

        Le lavande, je ne suis pas trop fan... Je ne connais qu'un petit apiculteur qui fait du bio, et franchement, son miel n'est pas génial. Malheureusement, bio ne veut pas toujours dire bon au goût.

        En cuisine, comme on aime les miels un peu forts, ça devient carrément corsé !

        Je vais aller voir cet article.

        Bonne journée. 

    4
    Vendredi 10 Août à 15:57

    Personnellement, ici, à la montagne, je connais des apiculteurs de père en fils, depuis plus de quarante ans qui élèvent des abeilles dans des ruches disposées soit en montagne, soit près de la lavande ou ailleurs dans ton département et qui produisent un miel de qualité, ils ne rajoutent pas la mention bio, mais, il est bio quand même car pas trafiqué , son goût est excellent et j'en rapportais chaque année à ma voisine. je suis une grande consommatrice de miel, en un mois j'ai fini un pot !!! à mon petit déjeuner sur des tartines ou pour laquer des magrets de canard .

    Bises,

    MF

      • Vendredi 10 Août à 18:20

        Nous aussi nous adorons le miel, mais nous ne sommes pas de très gros consommateurs... On adore sur les tranches de pain perdu, quand c'est bien chaud et que ça coule sur les doigts ! yes

        Le bio, c'est devenu un réflexe chez moi, mais comme dit mon mari, pour le miel... elles butinent bien où elles veulent ! Si la région n'est pas polluée, c'est comme du bio je pense.

        Pour ta voisine... euh... je ne suis suis pas certaine qu'elle pense encore à manger du miel ! oops

        Bonne soirée.

        Bises. 

    5
    Samedi 11 Août à 05:48

    Merci pour ta réponse.

    Je vais donc surveiller attentivement ma BAL et, tu ne sais pas la meilleure ?

    Non, bien sûr, puisque je ne l'ai pas encore dite ! sarcastic

    Hé bien, mon chéri m'a promis qu'il va se mettre à la lecture car il reconnait qu'il fait vraiment de grossières fautes d'orthographe, surtout par inattention, mais aussi parce qu'il ne prend pas le temps de réfléchir.

    Ce serait fabuleux si on y parvenait !

    Alors, j'y crois.

    Bon week end !
    Bisoux, mon amie

    PS : Pensées pour les sinistrés des orages et inondations.

    6
    Samedi 11 Août à 09:49

    Eh bien, bonne nouvelle pour ton chéri ! yes Mais il faut qu'il en ait réellement envie je pense, parce que lire par contrainte, parce qu'il le faut pour telle ou telle raison, je ne suis pas sûre que ce soit productif... 

    Plein de gens font des fautes d'inattention, ça ne m'a jamais paru dramatique. Il ne faut pas culpabiliser pour ça...

    Mon mari écrit des romans depuis la nuit des temps... et il oublie régulièrement les pluriels, alors qu'évidemment, il connaît les règles grammaticales. Moi qui corrige les manuscrits des autres, il m'arrive aussi de laisser des erreurs (même si j'avoue que je me relis beaucoup). Et "cerise sur le gâteau" comme disent les journalistes (cette expression m'énerve !), j'ai trouvé en l'espace de 30 pages, dans une édition de La Pléiade (donc normalement ce qui se fait de mieux) de "La bête humaine" de Zola, deux énooormes fautes ! Depuis, je me sens rassérénée... smile

    Bonne journée.

    Bises. 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :