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    Aujourd’hui, gros coup de gueule de l’orthorexique. Car franchement, j’en ai ras le bol !

    Comme pas mal de monde j’imagine, j’ai vu hier soir l’émission Cash Impact sur France 2. Pour être plus exacte, j’en ai vu seulement une vingtaine de minutes, parce qu’au fond, je savais ce qui allait être dit, parce que j’ai été dégoûtée très vite et que ce que j’ai entendu m’a rendue furieuse (ce qui n’est jamais bon avant d’aller se coucher). L’émission était donc consacrée à l’usage des pesticides dans les vignobles, principalement dans le Bordelais. Alors oui, ras le bol !

     

    — Ras le bol de voir que deux ans après une première émission qui pointait déjà l’emploi massif de pesticides dans les vignes de la région de Bordeaux, après une marche blanche des habitants légitimement affolés, après les promesses de la part de viticulteurs de se montrer plus vertueux… rien n’ait changé !

    — Ras le bol qu’on continue les épandages à quelques mètres d’écoles cernées par les vignes. Le seul effort dérisoire qui est consenti : pas d’épandages pendant les récréations, ni vingt minutes avant, ni vingt minutes après. Car je suppose qu’en une heure, tous les produits toxiques ont disparu de l’atmosphère comme par enchantement et que les enfants ne risquent donc plus rien !

    — Ras le bol de découvrir que pour le nettoyage des épandeurs, les ouvriers enfilent des combinaisons dignes de celles utilisées dans les centrales nucléaires, alors que le malheureux habitant du coin est pleinement exposé !

    — Ras le bol d’apprendre qu’à l’intérieur des écoles ou des maisons de la zone, on trouve des traces de pesticides, y compris un qui est interdit en France et en Europe depuis 13 ans, et un autre qui est interdit pour sa part depuis 10 ans !

    — Ras le bol que les viticulteurs se défilent et refusent de participer à l’émission sous des prétextes fallacieux, alors que la seule vérité, c’est qu’ils savent parfaitement ce qu’ils font et qu’ils n’ont aucune envie que ça change, ni de rendre des comptes !

    — Ras le bol que devant cet état de fait, le seul responsable parmi les viticulteurs qui ait eu le courage de répondre aux journalistes ait affirmé qu’il était inadmissible qu’on emploie des produits interdits, qu’on allait enquêter, qu’on se porterait partie civile contre ceux qui avaient utilisés lesdits pesticides… alors que bien sûr, il ne se passera rien !

    — Ras le bol qu’on soit capable en quelques semaines d’imposer une baisse de 10 kilomètres/heure de la vitesse sur les routes, qu’on soit capable de contrôler l’application de cette mesure (grâce aux radars, bien sûr), et qu’on ne soit pas fichu de faire respecter une interdiction qui est prise depuis des lustres !

    — Ras le bol que le premier ministre soit venu nous dire vertueusement que si la mesure d’abaissement de la vitesse sauvait ne serait-ce qu’une vie par an, ce serait une bonne mesure… alors qu’on ne fait rien pour ces épandages de produits illicites qui tuent et tueront bien plus d’une personne par an, ce que tout le monde sait parfaitement !

    Et au nom de quoi ? Je ne vois que le profit…

    — Alors, ras le bol de cette société qui privilégie l’argent au détriment de la santé de tous dans la plus totale indifférence, voire le plus total mépris ! De cette société qui fait passer l’économique avant l’humain ! Mais pas grave, pourvu que les viticulteurs gagnent bien leur vie et contribuent à la richesse de la région ; pas grave, pourvu que ceux qui produisent tous ces poisons soient milliardaires et versent des dividendes aux actionnaires ! Je sais qu’il y a des intérêts économiques derrière tout ça et qu’il faut qu’un pays tourne, je sais qu’il y a des emplois à la clé, il n’empêche que ça me rend folle de rage.

    — Ras le bol que la ministre de la santé ait pu, en quelques semaines là aussi, imposer 11 vaccins obligatoires aux enfants (vaccins controversés par beaucoup, y compris d’éminents médecins), et qu’on ne l’entende pas sur le scandale des pesticides ! Car dans ce domaine, ce ne serait pas la santé des gens qui serait en jeu ? Ce ne serait pas son job de s’en préoccuper au moins un peu ?

    — Ras le bol que le ministre de l’écologie n’ait pas voulu répondre dans l’émission d’hier soir. A-t-il craint qu’on ne l’interroge sur son recul concernant l’interdiction du glyphosate ? Car quand ce poison sera-t-il complètement proscrit ? Trois ans ? Cinq ans ? Je suis convaincue que dans dix ans, on n’en sera pas débarrassés ! Parce que bien sûr, que des multinationales continuent à prospérer, c’est autrement plus important que la santé des citoyens qui attrapent de plus en plus, de plus en plus jeunes, des maladies de plus en plus graves !

    — Ras le bol de cette société où on nous encourage à consommer toujours davantage, tout et n’importe quoi ! Ras le bol qu’on nous fasse acheter des trucs inutiles, manger des saletés, et que les gens acceptent d’entrer dans ce système ! Il n’y a qu’à voir les caddies des supermarchés au moment du passage en caisse ! Après tout, pourquoi les empoisonneurs patentés se gêneraient-ils puisque la plupart des individus, eux, ne sont pas gênés ?

     

    Alors non, je n’ai pas la solution ! Non, si j’étais aux responsabilités, je ne saurais pas ce qu’il faut faire (du moins rien qui soit réalisable dans l’immédiat). Mais justement, je ne suis pas aux responsabilités et j’aimerais bien que ceux qui y sont, qui profitent largement de tous les avantages de leurs fonctions, se bougent un peu ! Je voudrais qu’on interdise toutes ces cochonneries de pesticides. Bien sûr, je sais qu’il y a tellement d’intérêts imbriqués que ça ne peut se faire du jour au lendemain. Mais je suis persuadée que même à moyen terme on n’agira pas, et qu’au contraire, on ira toujours plus loin dans cette fuite en avant. À part prendre quelques décisions à grand spectacle et probablement inutiles, rajouter quelques taxes pour se donner bonne conscience (et accessoirement faire entrer de l’argent dans les caisses), il ne se passera strictement rien.

     

    Je dis que je n’ai pas de solution ? En fait si, j’en ai une. Disons une partielle. Et qui ne se situe qu’à mon petit niveau. J’ai le choix en effet de refuser d’entrer dans ce système autant que faire se peut, et de consommer moins, beaucoup moins. Là, après cette émission, plus question d’acheter du vin de Bordeaux (apparemment la région la plus touchée). De toute manière, du vin, on n’en boit quasiment pas. On prendra du bio local, voilà tout. Parce que même dans la région bordelaise, autour des parcelles de vignes cultivées en bio, on a quand même relevé moins de traces de pesticides. Alors le bio n’est pas parfait, certes, mais c’est « moins pire ».

     

    Si je consomme moins, et dans pas mal de domaines (moins de nourriture, moins de vêtements, moins de gadgets high-tech, moins de tout), je suppose que je vais être considérée comme une mauvaise citoyenne qui ne contribue pas à la richesse de son pays. Mais ça tombe bien, je m’en fiche. Et par ailleurs, en payant mes impôts divers et variés, directs et indirects, je crois participer largement à l’économie de la France.

    Et puis, je préfère mon bien-être à une consommation effrénée, parce qu’à mon âge (il était temps !), j’ai réalisé que mon bonheur ne résidait pas dans le toujours plus. Il est ailleurs : dans ma vie avec mon mari, mes valeurs, ma santé.

    Encore que pour ma santé (comme pour celle de la plupart des gens), on puisse se demander s’il n’est pas déjà trop tard.

     

     

    Alors oui, RAS LE BOL !!!

     

     

    (Dire tout ça ne sert à rien, n’aura pas la moindre incidence sur quoi que ce soit, j’en suis consciente… mais ça fait quand même du bien !)

     

     


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    L’orthorexie ayant été classée dans les TCA (troubles du comportement alimentaire), presque au même titre que la boulimie, l’hyperphagie, l’anorexie, qui toutes entraînent des problèmes de poids même s’ils sont très différents d’une pathologie à l’autre, on peut légitimement se poser la question de savoir si les orthorexiques rencontrent les mêmes difficultés.

    Comme rien n’est jamais vraiment simple… il me semble que c’est à la fois oui et non.

     

    — Tout d’abord on peut dire que oui, les orthorexiques ont aussi des problèmes de poids. Qu’ils puissent se retrouver en surpoids ou obèses me paraît une évidence. L’orthorexique ne se prive aucunement en quantité, c’est la qualité des aliments qui est en jeu (je simplifie pour les besoins de cet article, car c’est plus compliqué que ça, bien sûr).

    Si un ou une orthorexique prend un repas composé mettons d’une omelette de quatre œufs (y compris si tout ça vient d’un petit élevage local où les poules ont été élevées en plein air et nourries en bio), d’un gratin de pommes de terre également bio, et termine par un gâteau entier même s’il a été réalisé sans gluten, sans lactose, sans additifs, et uniquement avec des ingrédients sains, je ne vois pas comment il ou elle ne prendra pas de kilos. Manger bien ne veut pas dire manger peu.

    On peut se nourrir avec les meilleurs produits du monde (si tant est que les meilleurs produits du monde existent), on grossira toujours si on les consomme en excès, à moins d’être un sportif de haut niveau qui brûle une énorme quantité de calories tous les jours. Rien ne permettra jamais de sortir du fait qu’on ne peut avoir un poids stable qu’en absorbant chaque jour autant de calories qu’on en dépense… et non deux ou trois fois plus !

    D’ailleurs, je ne vois pas ce qui empêcherait un(e) orthorexique d’être hyperphagique, il n’y a rien d’incompatible entre les deux. Il n’y a qu’à parcourir les forums de régimes pour s’en convaincre. Si certaines (j’écris au féminin car les femmes semblent plus touchées, ou du moins s’expriment beaucoup plus sur ce sujet) sont clairement adeptes de la malbouffe, d’autres sont visiblement très pointilleuses sur leur alimentation… ce qui n’empêche ni leur surpoids, ni leurs crises de compulsion.

    J’avais noté d’ailleurs dans mon article sur Linecoaching la tendance de certaines, qui font ce programme pour perdre des kilos, à surveiller la qualité de leur nourriture à la façon des orthorexiques (cette tendance étant d’ailleurs combattue par les deux médecins du site qui semblent penser qu’elle empêche un rapport normal avec l’acte de manger).

    Aux USA, un professeur de nutrition, Mark Haub, a perdu 12 kilos en n’avalant pendant deux mois et demi que de la malbouffe… mais en quantité contrôlée. C’est donc la somme des calories que l’on ingère qui fait grossir, et non la qualité des aliments. (Par contre, c’était juste une expérience, je doute que cet Américain ait continué ainsi pour des raisons évidentes de santé.)

     

    — En même temps, il me semble que l’orthorexie peut contribuer à ce qu’on ait moins de problèmes de poids.

    La première raison, c’est que j’ai la conviction que certains produits industriels créent une dépendance (et je pense que c’est même fait volontairement, pour des questions de profit). On peut m’affirmer le contraire, me dire que ça n’a jamais été formellement démontré, que ça relève d’une théorie du complot, cette certitude, que je ne suis pas la seule à partager, est liée à ma propre expérience.

    Ainsi, je ne finis pas un repas sans dessert (gâteau, biscuits). Presque toujours, dans mettons 95% des cas, ce dessert a été confectionné par moi, et j’en mange une petite quantité pour me faire plaisir. Les rares fois où je termine par une pâtisserie industrielle (ce qui se produit principalement si je ne suis pas chez moi), je me rends bien compte qu’il me serait plus difficile de m’arrêter si je ne faisais pas attention. Question peut-être de sucres rajoutés, de consistance addictive, je ne sais pas au juste, mais je l’ai clairement constaté.

    La seconde raison, selon moi, c’est que lorsqu’on est orthorexique, on a évidemment tendance (et c’est même la définition) à être très attentif à ce qu’on absorbe. Être soucieux de la qualité de ses aliments signifie être soucieux de sa santé, de son bien-être, et on n’éprouve pas de bien-être si on se « goinfre »… On risque d’être au contraire lourd, fatigué parfois, voire même déprimé, avec d’éventuels problèmes digestifs. Donc, il me semble qu’on sera beaucoup plus tenté de respecter les signaux de son corps et de ne pas manger en excès pour ne pas anéantir tous les efforts que l’on fait par ailleurs.

    Personnellement, je ne concocte pas mes menus en me posant mille questions, je n’écume pas les magasins bio, je ne lis pas une multitude d’articles sur la nutrition si c’est pour me sentir mal après les repas. Donc oui, si ma préoccupation première est de manger sainement, je préfère également me modérer. J’ai besoin d’être en bonne intelligence avec mon alimentation… et je le suis si je ne me prive de rien mais en juste quantité.

    Donc, de ce point de vue-là, je suppose que la minceur peut être associée à l’orthorexie.

     

    De toute manière, ces questions de poids sont tellement complexes qu’on ne peut poser une équation simple qui serait : orthorexie = minceur, malbouffe = surpoids. Ça se saurait si les gens qui mangent « bien » étaient tous minces… et ils ne le sont évidemment pas !

     

    Pour mon expérience personnelle, je peux simplement dire qu’adopter la meilleure nourriture possible m’a libérée des troubles du comportement alimentaire. Je ne l’explique pas de façon rationnelle (même si j’ai quelques hypothèses), je le constate. On pourra bien sûr me rétorquer qu’il n’y a pas de lien entre les deux, que c’est un hasard… ça me paraît quand même douteux.

    Depuis que je suis débarrassée des TCA, j’ai une tendance un peu maigrichonne même si je ne me prive jamais. L’orthorexie serait-elle synonyme pour certains comme moi de poids bas ? Mais en même temps, je suis sans doute plutôt revenue à ma morphologie génétique : les femmes de ma famille étaient très minces, il aurait donc été relativement surprenant que j’aie des kilos en trop en me mettant à manger exactement ce dont j’ai envie, quand j’en ai envie, dans la quantité adéquate.

    L’orthorexie m’a redonné d’une certaine manière un rapport simple à la nourriture par rapport au poids. Me mettre à table est désormais un plaisir, non plus une angoisse. Même si une forme d’angoisse est quand même bien là. Mais elle s’est déplacée, elle réside dans le choix des aliments, dans leur association, dans leur cuisson, ce qui est bien moins pénible que celle que l’on éprouve quand on est au régime ! Et être délivrée de la peur de grossir, de la nécessité de maigrir, quelle renaissance ça a été !

     

     

     


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    Lorsqu’on décide de manger sans gluten, on est un peu affolé au départ. Quand j’ai fait ce choix dans l’urgence, ma première démarche a été d’aller sur internet, où existent des listes de produits à ne pas consommer si on adopte ce type de régime.

    Et elles sont longues, ces listes !

    Au début, ça a été un vrai casse-tête. Quand j’allais dans un magasin, j’épluchais le détail des ingrédients. Car il y a le gluten « qui se voit » (dans tous les produits à base de blé, par exemple, comme le pain, les biscuits, les pâtes… là, c’est assez simple même pour une débutante), mais aussi celui « qui ne se voit pas » (dans tous les additifs : quand il est écrit « dextrines », « amidon », « diamidon », « gomme d’avoine », mieux vaut s’abstenir).

    N’oublions pas que certaines charcuteries contiennent également du blé (salami, chorizo, cervelas). Attention aux yaourts aromatisés et aux céréales de petit déjeuner, à tout ce qui est pané, aux quenelles et quiches industrielles, biscuits apéritifs, préparations industrielles pour flans, crèmes, aux produits laitiers allégés dont le beurre, etc. Je me rappelle que quelques aliments cités m’avaient surprise, voire amusée, car je n’y aurais jamais pensé : les hosties, par exemple. Si on veut manger strictement sans gluten, il ne faut plus communier à la messe !

    Comme je l’ai dit ailleurs, il existe certes des produits certifiés sans gluten (parfois sans lactose, ou même les deux) que l’on trouve déjà prêts. Mais j’émets de grosses réserves à leur sujet. D’abord, ils sont très chers, et ensuite, je le répète, on est souvent obligé (pour conserver des goûts ou des consistances auxquels les consommateurs sont habitués) de rajouter beaucoup d’additifs. J’évite donc ces produits quand je le peux. Je me contente d’acheter de la levure sans gluten, des lasagnes sans gluten, très occasionnellement des pâtes (je reconnais qu’elles ne sont pas formidables, plutôt cassantes. C’est notamment le cas pour les spaghettis. Pour le genre « penne », il me semble qu’il vaut mieux celles à base de farine de sarrasin plutôt que de farine de riz et de maïs, plus sèches).

     

    Je ne vois que trois règles à respecter pour manger sans gluten en toute sécurité :

     — Éditer donc la liste de tous les aliments qui en contiennent, l’afficher bien en vue dans sa cuisine, et s’y reporter systématiquement.

    — Lire soigneusement les étiquettes pour les produits transformés.

    — Et surtout (et c’est sans doute le plus simple… ou le plus compliqué pour certain-e-s), cuisiner au maximum soi-même avec des produits de base.

     

    Là du coup, ça devient beaucoup plus facile. Il y a juste quelques trucs à savoir.

     

    — Il faut avoir chez soi différentes farines sans gluten. Avec une seule, ça marche moins bien à la fois au niveau goût et au niveau texture.

    Pour moi, la farine de riz (complète ou semi-complète) est la base. Elle est plutôt neutre au point de vue goût, et convient très bien à la plupart des préparations. Sinon, j’ai aussi de la farine de sarrasin (bien pour des gâteaux, les crêpes et galettes à la mode bretonne), de la farine de teff (pas mal pour les biscuits, les pâtes à tarte), de la farine de pois chiches (j’en mets là aussi dans les pâtes à tarte, ou si je fais des galettes de pommes de terre / carottes par exemple…), de la farine de châtaigne.

    J’adore la farine de châtaigne, au goût assez fort, qui est parfaite dans des desserts comme le gâteau au yaourt. J’ai mangé aussi en Corse de délicieux beignets à la farine de châtaigne, mais elle est hors de prix sur l’Île de Beauté (environ 25 euros le kilo). J’en trouve une aussi bonne et bien meilleur marché par exemple en Ardèche (locale et bio), et quand je n’ai plus de celle-ci, je l’achète tout simplement dans un magasin bio.

    Parmi les farines sans gluten, on peut citer aussi celles de millet, quinoa, soja, lupin, souchet, chanvre, sorgho (attention, certaines sont très chères).

    — Il est utile aussi de penser aux fécules (pomme de terre, maïs, tapioca). Elles permettent d’alléger et de lier les préparations, puisque je rappelle qu’en cuisinant sans gluten, on perd de l’élasticité, du moelleux. Elles atténuent aussi le goût un peu trop marqué de certaines farines.

    — Sauf cas particulier, il est donc préférable de combiner différentes farines et fécules plutôt que d’en utiliser une seule pour réaliser une recette. Il en faut au minimum deux (farine de riz et de châtaigne par exemple pour des gâteaux, farine de riz et fécule pour les clafoutis, farine de riz et farine de teff pour une délicieuse recette de biscuits aux amandes ou à la noix de coco…). Trois, c’est encore mieux. C’est ce que je fais pour les pâtes à tarte ou à quiche (farine de riz, farine de pois chiches, fécule, c’est mon mélange le plus fréquent).

    On trouve d’ailleurs dans les supermarchés ou les magasins bio des « mix » de farines tout prêts, mais il me semble que le faire soi-même permet de mieux doser, de mieux choisir les goûts en fonction de la recette… et ça revient moins cher.

    — Quand je fais un gâteau, si je veux qu’il gonfle bien, je mets parfois un peu plus de levure qu’indiqué. Ou alors, je conserve un des blancs d’œufs que je bats en neige et que j’incorpore à la fin. Et mon gâteau est tout aussi moelleux qu’un gâteau « traditionnel ».

    — Quand on a besoin de lier une sauce, comme une béchamel, l’arrow-root est idéal. Il faut en mettre peu car cela « prend » très vite (une seule cuillère à soupe si on mettait trois cuillères à soupe de farine, par exemple). On délaie l’arrow-root dans le liquide froid (le lait en l’occurrence, quand on fait une béchamel), puis on fait épaissir à feu doux en tournant constamment. Attention, ça va très vite ! L’arrow-root peut servir aussi en complément de la fécule dans un clafoutis.

     

    Avec ces quelques règles, on arrive à cuisiner sans gluten tout à fait normalement.

    Pour ma part, il y a une seule chose pour laquelle je ne suis jamais parvenue à un « rendu » impeccable, il s’agit des pâtes à tarte ou à quiche. Elles restent toujours assez friables, parfois un peu sableuses. Personnellement, ça ne me gêne pas, j’aime même beaucoup, mais mon mari est plus réticent. Et je ne me verrais pas servir cela à des invités, souvent habitués aux goûts usuels. C’est le seul cas où j’utile un peu de farine de blé (à peu près la moitié du poids total).

    Pour le reste désormais, je ne me pose plus de questions. Quand je fais un plat, je remplace tout simplement la farine de blé par une ou plusieurs de celles qui ne contiennent pas de gluten. Parfois je m’amuse, je teste de nouveaux mélanges, je n’ai jamais été déçue. Après tout, on n’est pas obligé de suivre à la lettre une recette, comme si changer quoi que ce soit allait entraîner une catastrophe. C’est même souvent l’inverse qui se produit, quand on innove.

     

    On ne doit pas perdre de vue qu’en cuisinant sans gluten, on n’obtiendra jamais exactement la consistance que l’on a avec le gluten. C’est quelque chose qu’il faut accepter, comme il faut accepter les saveurs nouvelles, qui sont certes parfois insolites, mais presque toujours délicieuses. Nos palais sont malheureusement trop habitués aux goûts et consistances standards alors qu’en fait, un peu d’originalité ou d’audace ne nuit pas, bien au contraire !

     

     

     


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    C'est évidemment en Corse que j'ai découvert la recette des farcis au brocciu.  

    J'ai certes un peu de mal à trouver chez moi du vrai brocciu, il y en a parfois chez le fromager, et là par chance, il en avait reçu ! C'est de plus un fromage saisonnier, on m'a d'ailleurs regardée d'un air apitoyé en Corse quand un jour, au mois de septembre, j'avais tenté de faire cette recette. Là, c'est la bonne période, alors j'en profite.   

     

    Ingrédients :

     

    — 4 aubergines

    — 4 courgettes 

    — un demi-kilo de brocciu frais

    — 2 œufs 

    — quelques feuilles de menthe fraîche (je n'aime pas trop pour ma part quand ce goût domine, je n'en mets pas beaucoup), du persil 

    — 4 gousses d'ail 

    — sel, poivre 

    — huile d'olive 

     

    Réalisation :

     

    — Prélever la pulpe des aubergines et des courgettes. 

    Pour les courgettes : les couper en deux en longueur, les faire cuire 5 minutes dans de l'eau bouillante, les égoutter.

    Pour les aubergines : les couper en deux en longueur également, faire au couteau des croisillons dans la pulpe, arroser légèrement d'huile d'olive, et mettre au four thermostat 6 minimum 40 minutes. La chair doit se détacher facilement avec une petite cuillère. 

    — Mélanger la pulpe des légumes avec le brocciu, l'ail écrasé, la menthe et le persil haché, les œufs. Saler et poivrer. 

    — Remplir les courgettes et les aubergines avec la farce. 

    — Verser dessus un filet d'huile d'olive.  

    — Mettre au four environ 40 minutes thermostat 6 (180°) avec un peu d'eau au fond du plat. 

     

    On peut servir avec du coulis de tomates. Personnellement, je mange ces farcis tels quels. Le goût est tellement fin que je trouve dommage de le masquer par celui, qui domine toujours, de la tomate. 

     

    Une vraie merveille !

     

     

     

     

     


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    J’ai découvert le site Linecoaching par hasard, en traînant sur internet.

    Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un site de coaching en ligne, dédié principalement à la perte de poids. Ses initiateurs sont deux médecins, le docteur Apfeldorfer, psychothérapeute, et le docteur Zermati, nutritionniste. Le slogan, surprenant, un peu provocateur, est « Maigrir sans régime ». Chez Linecoaching, on promet en effet un amaigrissement en ne se privant de rien : ni chocolat, ni gâteaux, ni charcuterie, ni plats en sauce, etc.

    L’accroche est donc séduisante. Qui ne rêverait de perdre du poids en mangeant de tout ? Naturellement, la réalité est quand même moins simple.

    Si on veut résumer, le principe est que toutes les calories se valent. 100 calories de haricots verts ou 100 calories de chocolat « pèsent » exactement pareil dans la balance alimentaire. Cela semble une évidence, mais il faut admettre que cette idée est quand même novatrice dans sa formulation. Car je ne connais pas un nutritionniste (je n’en connais d’ailleurs aucun), ni un magazine féminin, qui au moment de prôner un « rééquilibrage alimentaire », comme on dit aujourd’hui, encourageraient à consommer du chocolat au lieu de haricots verts. D’ailleurs, quand les régimes traditionnels « autorisent » un peu de chocolat, c’est un carré, du noir (moins calorique), et cela doit rester exceptionnel… un petit plaisir coupable sur lequel on a le droit de craquer, mais pas trop souvent.

    Les docteurs Zermati et Apfeldorfer affirment au contraire qu’on peut maigrir en mangeant quotidiennement du chocolat au lait, par exemple (ou du saucisson, ou du cassoulet, ou je ne sais quoi de bien riche, bien gras, bien sucré).

    Évidemment, ils mettent rapidement un bémol. Pour eux, on ne peut sortir du fait que si l’on veut mincir, il faut absorber moins de calories que ce que l’on en dépense dans une journée. Admettons (je donne n’importe quels chiffres) qu’une personne très active brûle 4000 calories par jour, si elle en avale 5000, elle grossira, si elle en avale 4000, elle restera stable, si elle en avale 3000 (ou moins), elle maigrira.

    C’est même encore un peu plus subtil que ça. Certes, il faut que les « sorties » énergétiques contrebalancent les « entrées ». Mais les deux médecins expliquent qu’il faut aussi tenir compte de ce qu’ils appellent le « poids d’équilibre » (ou « set-point » si on veut avoir l’air dans le coup).

    Ce poids d’équilibre est celui pour lequel notre organisme est génétiquement programmé. Car il est flagrant que nous ne sommes pas égaux devant le poids, nul ne peut le nier. Certains seront toujours un peu ronds même s’ils ne font aucun excès, d’autres seront maigres quelle que soit leur alimentation. Souvent, on observe cela dans les familles. Il y a des familles de gros et des familles de minces. (Encore que là aussi, il y ait des nuances à apporter : est-on gros uniquement par la génétique ou parce que se transmettent certaines habitudes alimentaires : bien manger, manger des aliments riches, etc. ?)

    Et pour compliquer encore les choses, le poids d’équilibre peut varier au cours de la vie (et malheureusement selon les docteurs Apfeldorfer et Zermati, quand il varie, c’est toujours à la hausse… Cela étant, mon expérience personnelle m’a montré qu’au contraire, même si c’est plus rare, le poids d’équilibre peut baisser).

    Il peut se modifier du fait de maladies, de prise de médicaments, à cause de la multiplication de régimes restrictifs qui, par l’effet yoyo, feront que le corps va se reprogrammer à un poids plus élevé que celui d’origine, à cause des grossesses et de la ménopause pour les femmes, etc.

    Bref, tout ça n’est guère simple, et justement, un des mérites des deux médecins est de montrer la complexité du mécanisme de la prise et de la perte de poids (au lieu de se contenter de dire que les gros mangent trop et ne font pas assez d’exercice, manquent de volonté, etc., et qu’il n’y a qu’un bon régime pour tout résoudre).

    Comment entendent-ils faire maigrir leurs « patientes » (il y a surtout des femmes dans le programme) ? Pour eux, on tend vers son poids d’équilibre quand on mange exactement à sa faim. Le but est donc de manger quand on a faim… mais aussi de s’arrêter quand on est à sasiété. Ils ne promettent quand même pas de manger de tout en n’importe quelles quantités (et il me semble que de ce point de vue-là, le slogan de leur site est un peu trompeur).

    Si on suit ces préceptes et qu’on est au-dessus de son poids d’équilibre, on va perdre des kilos jusqu’à arriver à ce « set-point » qu’on maintiendra ensuite en conservant les mêmes habitudes. (Dans une logique identique, si on est en dessous de son poids d’équilibre, quelle qu’en soit la raison, on va grossir. Mais je n’ai pas vu un tel cas chez les abonnées !)

    Et cela, quoi que l’on mange. À mon avis, c’est ça qui est assez révolutionnaire dans leur démarche. Inutile de se gaver de légumes bouillis arrosés d’un filet de jus de citron, dont on va se lasser pour risquer de basculer dans une compulsion d’aliments riches. Mieux vaut manger ce que l’on aime… mais dans la juste quantité. Celle que nous indiquent la faim et la « fin de la faim ».

    Selon cette théorie, on peut très bien n’absorber QUE du chocolat au lait dans une journée, si c’est exactement selon nos besoins (besoins que le corps nous indique par la sensation de faim, qui nous dit de nous alimenter, et par la sensation de satiété, qui nous dit d’arrêter).

     

     

    Je reconnais que je trouve cette approche attirante et probablement juste, parce que très logique. Elle est en plus déculpabilisante car chacun peut manger ce qu’il aime et non ce que des prescripteurs de régimes disent qu’il faut manger (même si on déteste).

    Je ne me suis jamais inscrite, n’ayant pas de problèmes de poids, mais j’ai parcouru le forum du site et lu quelques témoignages de clientes. Disons que si on arrive à adopter ces conseils, ça a l’air de marcher. Disons aussi que ce site s’adresse surtout à des personnes qui ont des troubles du comportement alimentaire (TCA) et qui ne savent plus comment se nourrir, qui passent d’une restriction extrême à des craquages extrêmes. Chez Linecoaching, on propose de réapprendre les signaux de son corps, de les respecter… et de perdre des kilos par voie de conséquence.

    J’ai en fait simplifié la pensée des docteurs Apfeldorfer et Zermati car ils insistent sur d’autres points : l’importance de la dégustation (et là, je suis à 100% d’accord avec eux), la gestion de ses émotions, la pleine conscience.

    Ce programme semble plus complet, plus global, plus intelligent que la plupart de ceux destinés à faire maigrir les gens à tout prix (et dont on sait qu’ils reprennent en général tout ce qu’ils ont perdu, quand ils n’en reprennent pas plus. À l’exception de personnes capables de se priver à vie… ce qui est loin d’être le cas de tout le monde !)

     

    Pourquoi est-ce que j’ai évoqué cette méthode (je pourrais presque dire cette philosophie) ? Parce qu’au fond, elle me parle. Parce que peut-être, si je l’avais rencontrée à une période où je souffrais de troubles du comportement alimentaire, je me serais évité des soucis (je dis « peut-être » car au vu des témoignages du forum, ce n’est quand même pas si simple et toutes les femmes ne réussissent pas).

    Mais pourquoi est-ce que j’en parle en l’associant à l’orthorexie ?

    Sans doute parce que justement, c’est ce qui me chiffonne quand même dans cette démarche.

    Plusieurs de leurs clientes (patientes ? abonnées ? je ne sais pas comment il faut dire) avouent des tendances à l’orthorexie. Les deux médecins, pour leur part, essaient de leur faire combattre ce penchant qui s’apparente en effet selon eux à ce qu’ils appellent « la restriction cognitive » (on se prive d’un aliment ou on le diabolise car il est jugé grossissant, « malsain », « mauvais »). On lit d’ailleurs des témoignages de personnes qui très attentives à leur alimentation au départ, reviennent peu à peu aux produits industriels, au Nutella (je crois que je caricature un peu ici, le Nutella étant « le mal » pour moi, mais c’est l’idée).

    Le docteur Apfeldorfer estime que tous les produits de consommation courante sont bons de nos jours, que d’ailleurs nos corps sont faits pour tolérer une certaine quantité de substances « nocives », et qu’on peut manger les yeux fermés à peu près tout ce qu’on nous propose. Il admet seulement que nous manquons globalement d’omégas-3 et d‘antioxydants dans l’alimentation moderne, et qu’on peut en prendre en suppléments.

    Là, je reconnais que ça me surprend, venant de médecins. Fruits et légumes bourrés de pesticides (voir le dernier rapport en date), gluten surajouté, additifs de toutes sortes, dioxyde de titane, sirop de glucose, huile de palme… impossible évidemment d’établir une liste, mais dire qu’aucun des produits industriels n’est mauvais, qu’on peut les consommer sans états d’âme, que notre corps sait s’adapter… là, j’avoue que j’ai un peu de mal. Je ne vois pas bien comment mon corps supporterait sans problèmes le glyphosate (pour citer seulement un produit qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers temps).

    Il y a dans ce discours la négation d’une réalité qui semble pourtant bien avérée, et je reste perplexe face à leurs propos négatifs récurrents sur l’orthorexie.

     

    Donc, que Linecoaching soit bien pour faire la paix avec son alimentation, avec ses troubles du comportement alimentaire, voire pour perdre des kilos, je le conçois et cette méthode me semble brillante, innovante et peut-être même juste.

    Mais le message véhiculé sur les aliments actuels qui seraient inoffensifs me paraît presque dangereux.

    Cela étant, il est possible qu’étant focalisés sur une guérison des compulsions alimentaires (car à un certain stade, on peut bien parler de « maladie » et de « guérison »), les deux médecins préfèrent ne pas rajouter une nouvelle source de stress pour des personnes chez qui manger est de toute manière un problème permanent. C’est sûr que lutter contre des troubles du comportement alimentaire et en plus s’angoisser sur la qualité de la nourriture, ça fait beaucoup, et leur job à eux, c’est d’atténuer ou de supprimer les TCA.

    Il n’empêche que si dans un premier temps, on pourrait concevoir qu’ils conseillent de manger de tout sans rien exclure (y compris une nourriture industrielle et transformée qui est reconnue comme nocive), inciter ensuite à revenir à une alimentation plus saine serait, me semble-t-il, plus honnête.

     

    Parce qu’être mince mais malade, est-ce vraiment une réussite ? Même si je sais qu'être orthorexique ne protège malheureusement pas des maladies... Est-il besoin cependant de rajouter des facteurs de risques ? 

     

     

    Le blog Carnets d'une orthorexique a changé d'adresse. http://erzsie.eklablog.com est devenu http://carnets-d-une-orthorexique.eklablog.com

     

     

     


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