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    Je me suis rappelé qu'après la citation de Malraux, j'avais dit que je mettrais un article sur Hopper, pour "illustrer" la phrase tirée de "La condition humaine". 

    J'ai découvert Hopper par pur hasard. Dans une librairie, il y avait des reproductions de toiles en vente, et j'ai eu un coup de foudre pour deux d'entre elles que j'ai achetées. Je n'ai découvert qu'après que c'étaient deux oeuvres de Hopper. Plus tard, j'ai acheté tout un livre sur lui, et j'ai commencé à me renseigner, même si je suis loin d'être une spécialiste de la peinture. Je fonctionne plutôt au coup de coeur qu'à la connaissance. 

    On a souvent dit que Hopper était le peintre de la solitude. Pour moi, il est plutôt celui de l'incommunicabilité. Du mystère aussi. J'aurais aimé mettre tous ses tableaux (ben voyons !), mais il a fallu faire des choix. 

     

    Voici un premier tableau :

     

    EDWARD HOPPER (1882-1967)

     

    Que fait cette femme, que l'on ne voit en plus que derrière une fenêtre ? Elle regarde son jardin, le temps qu'il fait ? Elle attend quelqu'un, l'homme qu'elle aime ? Elle le voit partir ? Ou une amie... On ne le saura jamais. Mais elle est seule, ça, c'est certain.

     

    Second tableau :

     

     EDWARD HOPPER (1882-1967)

     

    Solitude et incommunicabilité dans le couple.

    Car peu de doute, il s'agit ici bien d'un couple. L'homme est tourné vers la femme, mais on n'est pas sûr qu'il la regarde. Quant à cette dernière, elle a les yeux fixés devant elle. Ils ne se parlent pas. Hopper a vécu un mariage difficile, semble-t-il. Est-ce pour cela qu'il n'y a pas de tableaux de couples amoureux ? Ou un couple, même amoureux, ne peut-il pas se parler ? La communication est-elle impossible entre les individus ?

     

    Un nouveau tableau, un des plus spectaculaires à mon avis : 

     

     EDWARD HOPPER (1882-1967)

     

     

    Cela peut faire penser à une scène de vacances, comme l'indique le titre : "People in the sun". Personne ne regarde personne, l'un lit le journal. Les personnages ressemblent presque à des mannequins, figés dans leurs attitudes. 

     

    Un des plus célèbres : 

     

     

    EDWARD HOPPER (1882-1967)

     

     "Nighthawks", une grande toile. Certains ont vu en la femme Marylin, et en l'homme James Dean. Des noctambules dans un café, où chacun semble indifférent à ses voisins. Le spectateur est presque en position de voyeur : les personnages sont peints de derrière une vitre (comme le premier tableau). Incommunicabilité entre les individus, mais aussi entre le spectateur et l'oeuvre. 

    On pourrait ainsi multiplier les exemples de ces gens seuls, semblant attendre quelque chose ou quelqu'un, avec une forme de résignation ou d'interrogation. 

    Et un petit dernier, pour me faire plaisir, parce celui-là, il est au mur du salon (enfin, sa reproduction, bien sûr, sinon, je serais très riche !!!). Les maisons de style colonial sont courantes aussi chez Hopper : 

     

     

    EDWARD HOPPER (1882-1967)

     

    Ces commentaires ne sont que des "ressentis". Et j'ai préféré ne pas aller chercher pour chaque tableau des remarques de spécialistes. Comme pour la littérature, celui qui découvre une toile se "l'approprie" selon ses impressions et ses émotions. 

     


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